Une proposition de loi controversée à l'Assemblée
Jeudi 22 janvier 2026, les Républicains ont profité de leur niche parlementaire pour défendre une proposition de loi visant à autoriser l'ouverture des commerces de bouche et de proximité le 1er mai. Une initiative qui relance le débat sur le droit au repos et la pression économique sur les travailleurs.
Des dérogations déjà existantes, mais insuffisantes
Actuellement, la loi autorise le travail le 1er mai uniquement dans les établissements ne pouvant interrompre leur activité. Les chefs d'entreprise peuvent aussi ouvrir, mais sans faire appel à leurs salariés sous peine d'amende. Le texte des Républicains étendrait cette dérogation aux boulangeries, fleuristes, boucheries, poissonneries, ainsi qu'aux cinémas et théâtres.
Des témoignages partagés
Philippa, fleuriste parisienne depuis 15 ans, se félicite de cette initiative :
"Le muguet est une tradition, et beaucoup de clients paniquent en pensant que nous ne pouvons pas ouvrir."Tiffany, une autre fleuriste, souligne l'importance économique de cette journée :
"C'est une journée qui peut rapporter le double, voire le quadruple d'une journée normale."
Du côté des boulangers, Philippe, président des boulangers de Paris, défend une ouverture légale :
"Les clients aiment trouver du pain frais tous les jours, et nous voulons répondre à cette demande."Antonin, salarié dans une boucherie, estime que ces commerces sont "quasi essentiels", mais concède que le choix doit rester libre.
Une opposition syndicale ferme
La CGT dénonce une "illusion" et craint que cette dérogation ne devienne une obligation déguisée. L'intersyndicale redoute une extension progressive à tous les commerces, menaçant le droit au repos. Céline, employée dans une fromagerie, illustre cette inquiétude :
"Nous travaillons déjà 13 heures par jour, un jour férié est bien mérité."
Un débat qui dépasse le cadre économique
Cette proposition s'inscrit dans un contexte plus large de remise en cause des droits sociaux. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur la protection des travailleurs, cette initiative des Républicains est perçue comme une nouvelle attaque contre les acquis sociaux. Emmanuel Macron n'a pas encore pris position, mais le sujet pourrait alimenter les tensions avec la gauche, déjà critique sur les réformes récentes.
Dans un pays où la crise de la démocratie locale et la guerre des droites s'intensifient, cette proposition risque de polariser davantage le débat politique. Les syndicats appellent à la vigilance, tandis que les commerçants attendent des clarifications.