Un budget maudit, un naufrage politique
Près de 25 000 amendements, des centaines d’heures de débats, plus de cinquante jours de retard… Le budget 2026, validé par le Conseil constitutionnel jeudi 19 février et promulgué vendredi 20 février, est le texte le plus contesté de la Ve République. Un échec cuisant pour le gouvernement Lecornu II, qui a dû recourir à l’article 49.3 pour l’imposer, sans vote à l’Assemblée nationale.
Un rejet unanime, une démocratie en crise
Même les députés censés défendre le texte se sont abstenus. Un rejet sans précédent, symbole d’une crise de la démocratie locale et d’un défiance grandissante envers les institutions. « Un naufrage démocratique », dénoncent les oppositions, tandis que la gauche radicale et les écologistes pointent du doigt un budget injuste et inefficace.
Un processus interminable, des promesses non tenues
Lancé dès le 15 juillet 2025 par François Bayrou, alors Premier ministre, le budget 2026 a été marqué par des tensions internes et des retards accumulés. La suppression de deux jours fériés, notamment, a cristallisé les critiques, alimentant une crise des services publics et une crise des finances publiques déjà fragilisées.
Le précédent budget 2025, qui avait provoqué la chute de Michel Barnier, avait déjà révélé les failles d’un système à bout de souffle.
« Ce budget 2026 est le symptôme d’un pouvoir en perte de légitimité »,estime un député insoumis.
Un texte contesté, un avenir incertain
Malgré son adoption, le budget 2026 reste un texte maudit, tant sur le plan politique que financier. Les oppositions annoncent déjà des recours et des mobilisations, tandis que la stratégie des partis pour 2027 s’annonce explosive. « Ce budget est un aveu d’impuissance », résume un analyste politique.
Dans un contexte de crise industrielle et politique sanitaire, ce budget s’inscrit comme un nouveau chapitre d’une guerre des droites en France, où le pouvoir en place peine à convaincre.