Un plan énergétique controversé pour 2035
Alors que la France fait face à des défis économiques et environnementaux majeurs, le gouvernement Lecornu II a dévoilé sa feuille de route énergétique pour les dix prochaines années. Un texte qui suscite déjà des réactions vives, notamment à gauche, où l'on dénonce un manque d'ambition écologique, tandis que la droite et l'extrême droite critiquent une dépendance persistante au nucléaire.
L'électrification forcée des Français
Dans une interview accordée à la presse régionale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté un plan visant à porter la part de l'électricité dans la consommation énergétique française de 27 % aujourd'hui à 60 % d'ici 2030. Une ambition jugée irréaliste par certains experts.
"Vous ne pouvez pas dire aux gens, 'on va arrêter vos chaudières à gaz chez vous, on va arrêter votre chaudière à fioul', même si vous les aidez, ça ne se fera pas dans les 4 prochaines années",
a déclaré Thierry Bros, professeur à Sciences Po Paris, soulignant les difficultés pratiques d'une telle transition.
Le nucléaire au cœur des débats
Le texte prévoit six nouveaux réacteurs EPR, avec huit autres en option, une décision saluée par les partisans de l'atome mais critiquée par les écologistes. "Le gouvernement persiste dans une logique nucléaire alors que les énergies renouvelables pourraient offrir une alternative plus durable", estime un porte-parole d'Europe Écologie-Les Verts.
Les renouvelables, parent pauvre du plan ?
Si le texte évoque des investissements dans l'éolien, le solaire et la géothermie, certains observateurs y voient une stratégie de communication plutôt qu'un véritable engagement. "Les objectifs affichés pour les énergies renouvelables sont bien en deçà des besoins réels", déplore un rapport récent du Réseau Action Climat.
Un décret attendu en fin de semaine
Le décret finalisant cette stratégie énergétique doit être signé d'ici la fin de la semaine. Une décision qui intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement et les collectivités locales, notamment sur les questions de transition écologique.
Alors que la France s'engage dans cette voie, les critiques montent, tant sur la faisabilité du projet que sur son équilibre entre nucléaire et renouvelables. Une bataille politique qui promet de s'intensifier dans les mois à venir.