Une présidentielle 2027 sans Marine Le Pen ?
La politique française s’écrit souvent à l’avance. Pour les adversaires du Rassemblement national (RN), l’avenir semble déjà scellé : Marine Le Pen ne sera pas candidate en 2027. Une certitude qui repose sur l’affaire des assistants parlementaires européens, un dossier judiciaire qui pourrait sonner le glas de sa carrière. La cour d’appel de Paris doit rendre son arrêt le 7 juillet, après une condamnation en première instance en mars 2025 à quatre ans de prison (dont deux avec sursis), 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.
Un verdict attendu comme une sentence
Depuis novembre, la présidente du RN a promis de clarifier son avenir politique dans la foulée du jugement. Mais à gauche comme à droite, on anticipe déjà son retrait. « On se dit qu’elle est cuite », lâche Alexandre Ouizille, sénateur socialiste de l’Oise. Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et figure des Républicains, ne laisse aucun doute :
« Il ne faut pas faire de mystère, monsieur Bardella sera le candidat du RN. »Un constat qui contraste avec les années passées, où Bertrand avait fait de Le Pen son adversaire favorite, notamment lors des régionales de 2015.
La gauche et le centre en embuscade
Pour les forces progressistes, cette perspective est une aubaine. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, pourrait profiter d’un RN affaibli pour consolider son influence. Mais cette stratégie repose sur un pari risqué : celui d’une transition sans heurts vers Jordan Bardella. Le jeune leader du RN, déjà rompu aux joutes politiques, pourrait surprendre en capitalisant sur les fractures d’une droite divisée et une extrême droite en quête de renouveau.
Un paysage politique en mutation
La France se prépare à une présidentielle 2027 marquée par des enjeux majeurs : crise de la sécurité, crise industrielle, et crise démocratique. Dans ce contexte, le RN tente de se repositionner, tandis que la gauche espère capitaliser sur les défaillances du pouvoir en place. Reste à savoir si l’absence de Marine Le Pen sera un soulagement ou un catalyseur pour l’extrême droite.