Un gouvernement aux abois
Mardi 20 janvier 2026, Sébastien Lecornu, Premier ministre français, engagera la responsabilité de son gouvernement en utilisant le 49.3 pour faire adopter le budget 2026. Une décision ultime, après des mois de négociations infructueuses, qui marque un tournant dans la crise politique actuelle.
La rupture d'une promesse
Pourtant, en automne dernier, Lecornu avait solennellement promis de ne pas recourir à cette arme constitutionnelle. Une parole donnée, mais rapidement oubliée face à l'impasse politique. Nous avons décidé, avec regret et amertume, d'engager la responsabilité du gouvernement, car nous allons dans une impasse
, a-t-il déclaré lundi soir, justifiant cette volte-face.
Un budget contesté, des concessions insuffisantes
Le texte budgétaire, qualifié d'imparfait par la droite républicaine, prévoit des mesures sociales comme l'augmentation de la prime d'activité (+50€/mois pour 3 millions de ménages) et les repas à 1€ pour les étudiants. Des avancées saluées par les socialistes, mais jugées trop timides par l'opposition.
La droite, un soutien de façade
Laurent Wauquiez, président du groupe Droite Républicaine, reconnaît des avancées
pour protéger les retraités et les contribuables, mais souligne que ce budget reste très imparfait
. Une critique à peine voilée qui révèle les tensions au sein de la majorité.
L'opposition unie pour censurer
Le Rassemblement National et La France Insoumise ont immédiatement déposé des motions de censure. Une coalition hétéroclite, rejointe par les écologistes, qui pourrait menacer la survie du gouvernement. Il n'y a aucune garantie, aucun accord secret
, a prévenu Lecornu, reconnaissant l'incertitude des débats à venir.
Un risque réel de chute gouvernementale ?
Pour faire tomber le gouvernement, il faudrait 289 voix. Avec les 264 voix du RN, de LFI et des communistes, il manquerait encore une vingtaine de suffrages. Mais dans un contexte de crise de la démocratie locale et de défiance envers les institutions, rien n'est impossible.
Un feuilleton qui s'annonce long
Les motions seront débattues jeudi 22 janvier. D'ici là, les tractations se poursuivront dans les couloirs de l'Assemblée. Une chose est sûre : ce budget 2026 marquera un tournant dans la stratégie des partis pour 2027, avec un gouvernement Lecornu II déjà affaibli par cette décision.