Un gouvernement minoritaire forcé à recourir au 49.3
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi l'utilisation de l'article 49.3 pour faire adopter le budget 2026, malgré sa promesse d'octobre dernier de ne pas recourir à cette procédure controversée. Une décision qualifiée d'échec par l'opposition, qui dénonce une manœuvre autoritaire.
Mathilde Panot : « Un gouvernement menteur »
La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a réagi avec virulence ce mardi sur les ondes de franceinfo. « Nous refusons de banaliser le recours au passage en force », a-t-elle déclaré, promettant une motion de censure. « Nous le censurerons », a-t-elle martelé, accusant le gouvernement de manque de légitimité.
« Nous avons proposé au groupe communiste, mais aussi au groupe écologiste, de la déposer avec nous, ce qui devrait probablement se faire. »
Une alliance inédite se dessine à gauche, alors que l'écologiste Sandrine Rousseau avait déjà annoncé son soutien à une motion de censure en cas d'utilisation du 49.3.
Un budget contesté dans un contexte de crise des finances publiques
L'engagement de la responsabilité du gouvernement intervient dans un climat politique tendu, marqué par des divisions au sein de la majorité présidentielle. Les critiques portent sur les mesures d'austérité prévues, jugées insuffisantes par l'opposition et une partie de la société civile.
Du côté de la droite, les réactions sont mitigées. Certains élus LR dénoncent une dérive technocratique, tandis que le Rassemblement National appelle à une mobilisation contre le « mépris démocratique ».
La gauche unie contre le 49.3
La motion de censure déposée par LFI pourrait être soutenue par les communistes et les écologistes, selon les déclarations de Mathilde Panot. Une telle alliance renforcerait la pression sur le gouvernement, déjà fragilisé par des sondages défavorables.
« Ce gouvernement a perdu sa crédibilité », poursuit Mathilde Panot, rappelant que le 49.3 avait été utilisé à plusieurs reprises sous les précédents mandats, alimentant un sentiment de défiance envers les institutions.
Un enjeu pour 2027
Cette crise politique intervient alors que les partis préparent leurs stratégies pour les élections de 2027. La gauche espère capitaliser sur ce rejet du 49.3 pour renforcer son unité, tandis que la majorité présidentielle tente de limiter les dégâts.
Dans les rangs gouvernementaux, on assure que le budget est nécessaire à la stabilité des finances publiques, mais l'opposition y voit une manœuvre pour contourner le débat démocratique.