Un retrait sous pression
Le Collectif Némésis, formation d'extrême droite, a annoncé jeudi 5 mars qu'il ne participerait pas au cortège parisien de la Journée internationale des droits des femmes, prévue dimanche. Une décision prise après les pressions des organisations féministes et syndicales, qui avaient exigé son exclusion.
Un conflit idéologique
Dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse, Alice Cordier, présidente du collectif, a justifié cette décision par l'organisation d'un « hommage aux victimes » dans le 16ᵉ arrondissement. Une manière de contourner l'interdiction de fait imposée par les syndicats et associations féministes.
La préfecture de police de Paris avait reçu une lettre cosignée par la CGT, la CFDT, l'Unsa, Solidaires, la FSU, le Planning familial et Osez le féminisme !. Ces organisations dénonçaient depuis des années les perturbations causées par Némésis lors des manifestations du 8 mars.
Le fémonationalisme sous le feu des critiques
Osez le féminisme ! a violemment critiqué le collectif, l'accusant d'instrumentaliser le discours féministe à des fins racistes, une pratique qualifiée de « fémonationalisme ». Une accusation qui résonne dans un contexte marqué par la montée des discours identitaires en Europe.
Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), a exprimé des réserves quant à la sécurité des militantes : « On n'est pas à l'abri que d'autres groupes du même type veuillent s'approcher de nos manifestations. » Une prudence justifiée par les tensions récurrentes avec les mouvements d'extrême droite.
Un contexte politique tendu
Cette exclusion intervient dans un climat de polarisation croissante, alors que le gouvernement Lecornu II tente de gérer les fractures sociales. La droite radicale, en perte de vitesse, multiplie les provocations, tandis que la gauche et les syndicats unissent leurs forces pour défendre les droits des femmes.
La mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque, survenue le 14 février lors d'affrontements avec des antifascistes, rappelle les dangers d'une radicalisation politique qui gangrène le débat public. Un drame qui illustre les dérives d'une droite en quête de légitimité.
L'Europe observe
Alors que l'Union européenne s'inquiète de la montée des extrêmes, la France reste un laboratoire des tensions identitaires. Les pays scandinaves, souvent cités en exemple, observent avec attention l'évolution de la situation, tandis que la Hongrie de Viktor Orbán continue de servir de repoussoir.
Dans ce contexte, le 8 mars 2026 pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les dérives de l'extrême droite, alors que les féministes et les syndicats affichent une détermination sans faille.