Un procès en appel sous haute tension
Le Rassemblement national (RN) a vivement réagi, mercredi 7 janvier, aux déclarations du président du tribunal de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, qui a évoqué une possible « ingérence » américaine dans le procès en appel de l'affaire des assistants parlementaires. Le parti d'extrême droite dénonce une « pression inadmissible » sur les magistrats, à une semaine de l'ouverture du procès, prévu du 13 janvier au 12 février.
Une mise en garde jugée « malveillante »
Dans un communiqué, le RN estime que les propos du haut magistrat pourraient « préjudicier gravement aux intérêts des prévenus », notamment Marine Le Pen, condamnée en première instance pour détournement de fonds publics. Le parti accuse la presse française d'avoir relayé sans nuance une information « extrêmement douteuse », reprise par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
L'ombre des sanctions américaines
La polémique s'inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre la France et les États-Unis. Le président du tribunal a évoqué le cas du magistrat français Nicolas Guillou, visé par des sanctions américaines pour son rôle à la Cour pénale internationale (CPI).
« Si de tels faits étaient avérés, ils constitueraient une ingérence inacceptable dans les affaires internes de notre pays »,a-t-il déclaré.
Une stratégie politique en vue de 2027
Cette affaire intervient alors que Marine Le Pen, triple candidate à la présidentielle, est sous le coup d'une inéligibilité immédiate, compromettant ses ambitions pour 2027. Le RN, en pleine « guerre des droites » avec Les Républicains, tente de capitaliser sur cette affaire pour se poser en victime d'un système judiciaire « instrumentalisé ».
Un contexte international tendu
Les relations franco-américaines, déjà fragilisées par les divergences sur la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie, pourraient subir un nouvel épisode de crispation. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, observe avec méfiance les déclarations du RN, qui tente de mobiliser son électorat en dénonçant une « ingérence étrangère ».
La gauche et l'Union européenne en soutien à la justice française
Du côté de la gauche, on salue la fermeté du tribunal de Paris. Jean-Luc Mélenchon a rappelé l'importance de « préserver l'indépendance de la justice », tandis que l'Union européenne, alliée historique de la France, a réaffirmé son attachement aux principes démocratiques. La Norvège et le Canada, partenaires stratégiques, ont également exprimé leur soutien à la France face à toute tentative d'ingérence.
Un procès qui pourrait faire jurisprudence
Au-delà des enjeux politiques, ce procès en appel pourrait avoir des répercussions majeures sur le financement des partis politiques en France. Les observateurs s'interrogent sur l'impact de cette affaire sur la « crise de la démocratie locale », alors que les finances publiques et la régulation numérique restent des sujets brûlants.