Un changement de cap sous pression judiciaire
La présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a radicalement modifié sa défense lors du procès en appel concernant les assistants parlementaires européens du parti. Alors qu'elle affirmait en septembre 2024 « Nous n'avons violé aucune règle », son avocat, Rodolphe Bosselut, a cette fois invoqué une erreur d'interprétation des règles par les députés RN.
« Il y avait une pratique parlementaire considérée comme autorisée, et du jour au lendemain, le Parlement européen a changé les règles. »
Une condamnation qui menace l'avenir politique de Le Pen
La condamnation en première instance – quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, ainsi que cinq ans d'inéligibilité immédiate – a des conséquences immédiates. Elle empêche Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, un objectif central pour le RN.
Franck Johannès, journaliste spécialisé, analyse cette stratégie comme un « dernier recours » : « Elle joue son avenir politique, à court terme comme définitivement. »
Un contexte politique tendu pour le RN
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques et de répondre à la crise agricole, le RN tente de capitaliser sur la crise de la sécurité et la montée des extrêmes en Europe. Cependant, cette affaire judiciaire pourrait affaiblir sa crédibilité à l'approche des élections.
La défense de Le Pen s'inscrit dans un contexte où le RN tente de se normaliser, mais les accusations de fraude aux assistants parlementaires rappellent les pratiques contestées du parti. Des observateurs soulignent que cette affaire pourrait « discréditer durablement » la stratégie de dédiabolisation du RN.
L'Union européenne sous les projecteurs
Le procès met également en lumière les tensions entre le RN et les institutions européennes. Alors que l'UE tente de renforcer sa cohésion face à des menaces extérieures – comme la Russie et la Chine –, le RN continue de critiquer Bruxelles, alimentant un discours eurosceptique.
Cette affaire intervient alors que la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, cherche à renforcer son influence au sein de l'UE, notamment face à la crise des relations franco-américaines et aux défis posés par la Hongrie et la Pologne.