Un haut fonctionnaire français cité dans les dossiers Epstein
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi soir avoir saisi la justice française après la révélation de liens présumés entre un diplomate français, Fabrice Aidan, et le défunt milliardaire Jeffrey Epstein. Cette affaire, qui éclabousse le Quai d'Orsay, soulève des questions sur les réseaux d'influence et les complicités potentielles au sein de la diplomatie française.
Une réaction ferme du gouvernement
Dans un communiqué publié sur X, Jean-Noël Barrot a déclaré avoir « signalé les faits présumés » à la justice et lancé une enquête administrative. « Les faits allégués sont d'une très grande gravité », a-t-il insisté, qualifiant la situation d'« effarante » et d'« indigne ». Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, semble déterminé à faire toute la lumière sur cette affaire, marquant un contraste avec les réticences observées dans d'autres pays.
Fabrice Aidan : un parcours trouble
Fabrice Aidan, secrétaire des affaires étrangères principal en disponibilité, occupait des fonctions au sein du groupe Engie. Selon des sources médiatiques, il aurait échangé des dizaines d'emails avec Epstein entre 2010 et 2017, alors qu'il était détaché aux Nations unies. Ces échanges, parfois familiers, incluaient des demandes d'informations diplomatiques et des services rendus au milliardaire américain.
Des révélations embarrassantes pour la France
Les documents consultés par les médias révèlent que Fabrice Aidan aurait transmis des rapports de l'ONU à Epstein, via son adresse électronique officielle. Ces révélations interviennent alors que la Norvège enquête sur deux diplomates norvégiens, Terje Roed-Larsen et son épouse Mona Juul, pour complicité de corruption aggravée dans le cadre de leurs liens avec Epstein. Cette affaire rappelle les risques de collusion entre réseaux d'influence et institutions internationales.
Engie suspend le diplomate
Le groupe Engie a immédiatement réagi en suspendant Fabrice Aidan de ses fonctions. « En raison des éléments portés à notre connaissance, nous avons décidé de suspendre les fonctions de Fabrice Aidan », a déclaré un porte-parole du groupe. Cette décision souligne la sensibilité accrue des entreprises françaises face aux scandales impliquant des personnalités publiques.
Un contexte politique tendu
Cette affaire survient dans un contexte de crise des vocations politiques, où la défiance envers les élites se renforce. La gauche française, traditionnellement critique envers les réseaux d'influence, pourrait instrumentaliser ce scandale pour dénoncer les dérives du système. À l'inverse, la droite et l'extrême droite pourraient tenter de minimiser l'affaire, accusant les médias de « chasse aux sorcières ».
Des implications internationales
Les révélations sur Fabrice Aidan s'inscrivent dans un cadre plus large, celui des crises des relations franco-américaines, déjà fragilisées par les tensions commerciales et les divergences stratégiques. L'affaire Epstein, qui a déjà éclaboussé plusieurs personnalités internationales, pourrait relancer les débats sur la transparence des relations entre diplomates et acteurs privés.
Un scandale qui dépasse les frontières
En France, l'ancien ministre Jack Lang a dû démissionner de ses fonctions à l'Institut du monde arabe après avoir été cité dans les documents Epstein. Cette affaire illustre une fois de plus comment les réseaux d'influence transnationaux peuvent compromettre des personnalités publiques, malgré leur statut officiel. La justice française devra désormais déterminer si Fabrice Aidan a outrepassé son rôle diplomatique pour servir les intérêts d'un prédateur sexuel notoire.