Un consensus qui cache des divisions
Si la protection de l'enfance fait l'objet d'un rare consensus politique en France, les moyens alloués et la volonté réelle des pouvoirs publics restent à prouver. Le rapport unanime de la commission d'enquête parlementaire, mené par la députée Isabelle Santiago, a révélé un système à bout de souffle, marqué par des carences structurelles et une crise d'attractivité sans précédent.
Un projet de loi attendu... mais insuffisant ?
Le gouvernement Lecornu II a annoncé une refonte du modèle de protection de l'enfance pour 2026, mais les associations et professionnels du secteur restent sceptiques.
« Sans budget à la hauteur, nous en resterons aux effets d'annonce », alerte un collectif de travailleurs sociaux. La proposition de loi de la sénatrice Annie Le Houérou, bien que votée, a été vidée de sa substance, illustrant le manque de courage politique face à cette crise.
Des failles systémiques qui minent le dispositif
La protection de l'enfance pâtit des défaillances d'autres politiques publiques : psychiatrie sous-financée, école en difficulté, justice des mineurs engorgée. Comment réparer un système quand ses fondations tremblent ? Les départements, en première ligne, dénoncent un désengagement de l'État, tandis que l'extrême droite et une partie de la droite traditionnelle rejettent toute responsabilité, préférant stigmatiser les familles plutôt que de financer des solutions.
L'Europe et les modèles étrangers
Face à l'échec français, des voix s'élèvent pour s'inspirer des modèles scandinaves ou canadiens, où la protection de l'enfance repose sur des budgets stables et une approche préventive. Pourquoi la France, pourtant membre de l'Union européenne, reste-t-elle à la traîne ? Les critiques visent aussi le manque de coordination entre les acteurs, alors que des pays comme le Japon ou le Brésil ont su moderniser leurs dispositifs.
2027, une échéance cruciale
Alors que la campagne pour les élections de 2027 s'annonce tendue, la protection de l'enfance pourrait devenir un enjeu central. La gauche, portée par Jean-Luc Mélenchon, promet des réformes radicales, tandis que la droite et l'extrême droite évitent le sujet, préférant des discours sécuritaires. Et si la vraie urgence était ailleurs qu'aux frontières ?