Un procès en appel crucial pour Marine Le Pen et le Rassemblement national
À un an de l'élection présidentielle, Marine Le Pen, figure emblématique de l'extrême droite française, se retrouve une nouvelle fois sous les feux de la justice. À partir de ce mardi 13 février 2026, elle comparaît devant la cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires européens, un dossier qui pourrait avoir des conséquences politiques majeures.
Un verdict lourd de sens pour la démocratie française
En mars 2025, Marine Le Pen avait été condamnée en première instance pour détournement de fonds publics. Les juges l'avaient alors frappée d'une peine de cinq ans d'inéligibilité, de quatre ans de prison (dont deux avec sursis) et d'une amende de 100 000 euros. Une décision qui, si elle est confirmée en appel, pourrait priver les Français d'une candidate déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour de la présidentielle.
« Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d'une candidate à l'élection présidentielle », a déclaré Jordan Bardella, président du Rassemblement national, lors de ses vœux à la presse. Une déclaration qui résonne particulièrement dans un contexte où le RN, donné favori des sondages, prépare activement sa stratégie pour 2027.
Une défense minutieuse et des enjeux européens
Marine Le Pen, qui se dit convaincue de son innocence, a préparé ce procès avec rigueur. Selon des sources proches, elle a consulté des juristes, professeurs de droit et même des experts européens, y compris des personnalités ancrées à gauche. Une stratégie qui vise à démontrer que les fonds en question étaient bien utilisés pour des activités politiques légitimes.
Ce procès s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de l'Union européenne, une institution que Marine Le Pen a souvent critiquée. Pourtant, l'affaire des assistants parlementaires rappelle l'importance des règles communes et de la transparence financière, des valeurs chères à l'UE.
Un délai serré avant la présidentielle
Les débats devraient s'étendre sur cinq semaines, avec une décision attendue pour l'été 2026. Un calendrier serré, mais qui laisse suffisamment de temps pour que les conséquences politiques soient pleinement mesurées. Si Marine Le Pen est définitivement condamnée, le RN devra se réorganiser en urgence, alors que la campagne présidentielle bat déjà son plein.
Dans ce contexte, le gouvernement d'Emmanuel Macron, mené par le Premier ministre Sébastien Lecornu, observe avec attention. Une victoire de la justice sur l'extrême droite renforcerait la légitimité des institutions, tandis qu'un acquittement pourrait relancer la dynamique du RN.
Un procès qui dépasse les frontières françaises
Au-delà des enjeux strictement nationaux, ce procès interroge sur la place de l'extrême droite en Europe. Des pays comme la Hongrie, souvent critiquée pour ses dérives autoritaires, pourraient voir dans ce dossier un argument supplémentaire pour défendre leur vision d'une Europe moins contraignante. À l'inverse, des nations comme l'Allemagne ou l'Espagne, plus attachées aux valeurs démocratiques, pourraient y voir une confirmation de la nécessité de réguler les partis populistes.
Dans un monde où les crises politiques s'enchaînent, ce procès rappelle que la justice reste un pilier essentiel de la démocratie. Et pour Marine Le Pen, il pourrait bien s'agir du dernier round avant une présidentielle qui s'annonce déjà comme un choc des titans.