Antifascisme sous tension : quand la violence instrumentalise le débat politique

Par Éclipse 25/02/2026 à 09:11
Antifascisme sous tension : quand la violence instrumentalise le débat politique

Antifascisme sous tension : quand la violence instrumentalise le débat politique. Retour historique sur un mouvement souvent mal compris.

Un homicide qui enflamme les passions

L’assassinat de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale, a brutalement replacé l’antifascisme au cœur des tensions politiques. Depuis le 14 février, les circonstances troubles de ce drame ont alimenté une rhétorique dangereuse, associant systématiquement l’antifascisme à une violence militante. Pourtant, l’histoire rappelle que cette lutte, née dans l’Italie des années 1920, a toujours été bien plus complexe.

Un mouvement pluriel, loin des clichés

L’antifascisme ne se résume pas à des affrontements de rue. C’est un mouvement de barrage, protéiforme, qui a évolué au gré des recompositions politiques. « Mouvement de barrage », comme le qualifiait l’historien Robert Paxton, il a su rassembler des sensibilités diverses, du réformisme au radicalisme, sans jamais se figer en dogme. Le Front populaire, élu en 1936 contre « la misère, la guerre, le fascisme », en est l’illustration parfaite.

Violence et légalité : un rapport ambigu

Si l’extrême droite a souvent brandi la violence comme outil politique, l’antifascisme a, lui, oscillé entre légalisme et autodéfense. « Le légalisme, le pacifisme et l’antimilitarisme ont été des facteurs constitutifs des cultures militantes antifascistes », rappelle l’historien Jean-Louis Robert. Pourtant, face à la répression policière et aux agressions des ligues d’extrême droite, des factions ont parfois justifié la riposte armée, notamment dans les années 1930.

Un débat qui dépasse les frontières

En 2026, sous la présidence d’Emmanuel Macron et le gouvernement Lecornu II, ce débat resurgit avec une acuité particulière. Alors que la « guerre des droites » s’intensifie, l’antifascisme est instrumentalisé par les forces conservatrices. Pourtant, comme le montre l’histoire, c’est bien l’extrême droite qui a toujours été le fer de lance de la violence politique.

« L’antifascisme n’est pas une violence, c’est une réponse à la violence »,
rappelle un militant historique.

Un enjeu démocratique

Dans un contexte de montée des extrêmes, la question de l’antifascisme dépasse le cadre national. L’Union européenne, la Norvège ou le Canada, souvent cités en exemple, ont su concilier fermeté et respect des droits fondamentaux. À l’inverse, les régimes autoritaires, de la Russie à la Hongrie, exploitent cette thématique pour museler l’opposition. En France, le gouvernement doit désormais choisir : suivre l’exemple des démocraties progressistes ou céder aux sirènes du durcissement sécuritaire.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (3)

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Bréhat

il y a 1 heure

Ah, l'antifascisme... Le prétexte idéal pour casser du facho ou du gauchiste, selon l'humeur du jour. Bientôt, on verra des manifestants se battre entre eux pour savoir qui est le plus antifasciste. Le cirque continue...

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D

Douarnenez

il y a 2 heures

L'antifascisme est un combat nécessaire, mais son instrumentalisation par certains groupes radicaux brouille le message. Aux États-Unis, les Antifa sont souvent présentés comme des milices violentes, alors qu'en Europe, le débat reste plus nuancé. Comment concilier lutte contre l'extrême-droite et refus de la violence ?

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Z

Zeitgeist

il y a 30 minutes

@douarnenez Exactement. La violence profite toujours aux extrêmes, et c'est l'économie qui en pâtit. Quand les entreprises ferment à cause des émeutes, qui paie la note ? Les petits commerçants, comme d'habitude. Et après, on s'étonne que le FN monte...

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