Mort de Quentin Deranque : l'extrême droite en deuil, l'ultragauche sous les projecteurs

Par SilverLining 17/02/2026 à 07:23
Mort de Quentin Deranque : l'extrême droite en deuil, l'ultragauche sous les projecteurs

Mort violente d'un militant nationaliste à Lyon : l'ultragauche accusée, l'extrême droite en deuil. Retour sur un parcours militant et les tensions politiques.

Un militant nationaliste tué à Lyon, l'enquête s'oriente vers l'ultragauche

Le jeune homme de 23 ans, originaire de Vienne (Isère), a succombé samedi à ses blessures après une violente agression survenue deux jours plus tôt en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a rapidement pointé du doigt la possible implication de l'« ultragauche », une accusation qui alimente les tensions politiques dans un contexte déjà marqué par la guerre des droites en France.

Un parcours militant dans les cercles nationalistes

Quentin Deranque, étudiant en mathématiques et récemment converti au catholicisme, était connu pour ses convictions nationalistes. Selon des sources proches, il avait milité dans les rangs de l'Action française, mouvement royaliste et d'extrême droite, avant de rejoindre le collectif identitaire Némésis, fondé en 2019. Ce groupe, se revendiquant féministe mais connu pour ses positions xénophobes, avait organisé une contre-manifestation lors de la conférence de Rima Hassan.

Alice Cordier, présidente de Némésis, a affirmé que Quentin Deranque faisait partie du service d'ordre chargé de protéger les militantes du collectif. Une version démentie par l'avocat de la famille, Fabien Rajon, qui insiste sur le caractère pacifique du jeune homme : « Il défendait ses convictions sans violence, prônant un militantisme pacifique. »

L'enquête judiciaire et les tensions politiques

Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a confirmé l'ouverture d'une enquête pour homicide volontaire, sans préciser pour l'instant les motivations des agresseurs. Aucune interpellation n'a encore eu lieu, mais les déclarations du ministre de l'Intérieur ont immédiatement polarisé le débat.

« C'est effectivement un lynchage », a déclaré Laurent Nuñez, évoquant un possible acte de l'ultragauche. Ces propos ont été vivement critiqués par la gauche, qui y voit une instrumentalisation politique. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a dénoncé une « tentative de diversion » pour détourner l'attention des violences d'extrême droite.

Un contexte de radicalisation et de polarisation

L'affaire s'inscrit dans un climat de tensions croissantes entre les mouvements d'extrême droite et les groupes antifascistes. Les récentes déclarations du gouvernement sur la crise de la sécurité en France ont exacerbé les divisions, tandis que les partis de gauche dénoncent une montée en puissance des discours d'extrême droite.

Dans l'église Saint-Georges de Lyon, où Quentin Deranque était un paroissien régulier, plusieurs fidèles ont décrit un jeune homme « joyeux » et « intellectuel », loin de l'image d'un militant violent. « C'était un pacifiste, pas un extrémiste », a affirmé un paroissien.

Réactions politiques et enjeux pour 2027

La mort de Quentin Deranque relance le débat sur la radicalisation des mouvements politiques en France, à moins d'un an des élections européennes. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, se retrouve sous pression pour répondre à la fois aux inquiétudes sécuritaires et aux accusations de partialité.

Du côté de l'opposition, Marine Le Pen a appelé à une « enquête approfondie » et dénoncé une « violence politique inacceptable ». À gauche, les réactions sont plus mesurées, avec des appels à la prudence avant toute conclusion hâtive.

Alors que l'enquête se poursuit, cette affaire pourrait bien devenir un enjeu majeur dans la stratégie des partis pour 2027, alors que la France se prépare à un scrutin crucial dans un contexte de montée des extrêmes.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (4)

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Cynique bienveillant

il y a 3 jours

Ce qui est frappant, c'est comment ces drames servent toujours de prétexte à la surenchère. Les enquêtes sont à peine lancées que déjà les camps s'organisent. Et pendant ce temps, les familles pleurent. Perso, j'ai connu un pote qui a fait des manifs dans les années 90, il me disait tjrs : 'La violence, ça arrange tjrs ceux qui veulent diviser.'

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ironiste-patente

il y a 3 jours

@cynique-bienveillant Ouais bah en attendant, les politiques vont en parler 2 jours et après ça sera l'oubli total. Comme d'hab.

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Ophélie

il y a 3 jours

Nooooon ??? Encore un mort dans ces histoires de politique... C'est tjrs les mêmes qui trinquent. Sa fait peur quand même...

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C

Carnac

il y a 3 jours

@ophelie C'est vrai que c'est triste, mais faut pas oublier que des deux côtés y'a des violences. L'article parle d'extrême droite en deuil, mais l'ultragauche a aussi des morts à déplorer. Bref, c'est le jeu pourri de la radicalisation...

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