Un débat qui divise la France
Mercredi 25 février 2026, le Sénat examinera une proposition de loi visant à nationaliser les actifs français d'ArcelorMittal, un sujet qui cristallise les tensions politiques à quelques mois des élections législatives. Porté par la gauche, ce texte, adopté en novembre 2025 par l'Assemblée nationale, pourrait bien devenir un enjeu majeur de la campagne.
Une bataille parlementaire inégale
Si le texte a été voté par les députés grâce à la coalition de gauche (LFI, PS, PCF, Ecologistes) et à l'abstention du Rassemblement national, son avenir au Sénat, dominé par la droite, semble compromis. « Nous ne nous faisons pas d'illusions, mais il est crucial de maintenir la pression sur le gouvernement », explique Cécile Cukierman, sénatrice communiste et présidente du groupe.
Le texte, déposé cette fois par les communistes, sera examiné avant un retour à l'Assemblée en juin. Une manœuvre tactique pour forcer le gouvernement Lecornu II à prendre position sur un dossier sensible, alors que la France insoumise accuse ArcelorMittal de délocaliser massivement sa production vers l'Inde, le Brésil et les États-Unis.
Un enjeu industriel et écologique
Pour la gauche et la CGT, la nationalisation des 40 sites français du groupe, dont les sites stratégiques de Dunkerque et Fos-sur-Mer, est la seule solution pour sauver la filière sidérurgique et accélérer la décarbonation des hauts fourneaux.
« ArcelorMittal sacrifie l'industrie française au profit de ses usines étrangères, une trahison de l'engagement européen »,dénonce un porte-parole de LFI.
Le coût estimé à 3 milliards d'euros est présenté comme un investissement nécessaire pour éviter une désindustrialisation accélérée, alors que le gouvernement reste réticent, invoquant les contraintes budgétaires et les risques juridiques.
Un test pour Macron avant 2027
Alors que la crise des finances publiques et la stratégie des partis pour 2027 dominent le débat, cette proposition de loi pourrait diviser encore davantage la majorité. Les écologistes, déjà critiques sur la politique industrielle du gouvernement, pourraient durcir leur position, tandis que la droite sénatoriale défend une approche libérale, accusant la gauche de menacer la compétitivité française.
Dans ce contexte, le vote du Sénat sera scruté comme un test de cohésion pour le gouvernement, alors que les sondages montrent une montée des partis anti-système, profitant du mécontentement sur les questions industrielles.