Un scénario de dissolution qui relance les tensions
Alors que le gouvernement affronte des motions de censure portées par le Rassemblement national et La France insoumise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé au ministre de l'Intérieur d'étudier l'organisation de législatives anticipées en mars, en même temps que les municipales. Une manœuvre perçue comme une menace voilée pour contraindre l'Assemblée à éviter une crise politique.
Une dissolution en ligne de mire
La perspective d'une dissolution de l'Assemblée nationale, évoquée depuis des mois, prend un tour concret avec cette demande officielle. « Une motion de censure équivaut à une motion de dissolution », rappelle l'entourage de Lecornu, reprenant la doctrine macroniste. Mais derrière cette posture de principe, c'est bien une stratégie de pression qui se dessine.
Le Mercosur, un sujet explosif
Le gouvernement fait face à deux risques immédiats : une censure sur le traité de libre-échange UE-Mercosur, rejeté par Macron après des pressions internes, et une motion automatique en cas d'usage du 49.3 pour le budget 2026. Le RN et LFI, principaux instigateurs, y voient une opportunité.
« Rendre la parole aux Français serait la moindre des choses », estime Thierry Mariani (RN).
Un risque pour les municipales
Lier les deux scrutins, une première, soulève des critiques. « Personne n'a intérêt à une campagne des législatives en même temps que les municipales », alerte une ministre. Les partis traditionnels (PS, LR, écologistes) y voient un danger pour la démocratie locale, alors que les municipales sont traditionnellement apolitiques.
La gauche et la droite divisées
Si le RN et LFI appellent de leurs vœux une dissolution, les partis modérés s'inquiètent. Le PS et LR, cibles de cette manœuvre, dénoncent une « pression indigne ». « Un gouvernement ne doit pas mépriser les élus à ce point ! », s'emporte un sénateur LR.
Un calcul politique risqué
En rappelant les règles du jeu, Lecornu prépare le terrain pour le budget. Mais cette stratégie pourrait se retourner contre lui. « Un coup d'épée dans l'eau », juge le PS, tandis que les écologistes y voient un coup de semonce à l'égard de LR.
La campagne municipale sous tension
Les candidats, déjà préparés à cette éventualité, anticipent une prime aux sortants, comme en 2020. Mais l'incertitude politique pourrait brouiller les cartes, au détriment des enjeux locaux.