Un interrogatoire sans mordant pour les puissants de Banijay
Mercredi 25 février 2026, la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a accueilli avec une douceur inhabituelle les dirigeants du groupe Banijay, géant mondial du divertissement. Une séance marquée par l’absence de tensions, malgré les enjeux colossaux liés à l’influence des groupes privés sur le service public.
Des questions sans piquant face aux puissants
Stéphane Courbit, président de Banijay, accompagné de son directeur général François Riahi et des dirigeants de la filiale française, Alexia Laroche-Joubert et Jean-François Rubinstein, a été reçu avec une bienveillance surprenante. Comme si la commission, habituellement prompte à questionner les acteurs de l’audiovisuel, avait décidé de ménager les intérêts des géants du divertissement.
Pourtant, le groupe Banijay, dont le capital est détenu par des figures du capitalisme français comme Bernard Arnault et Vincent Bolloré, pèse lourd dans le paysage audiovisuel. Ses productions dominent les grilles des chaînes publiques, soulevant des questions sur l’indépendance éditoriale. Mais les députés, sous la présidence de Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), ont semblé éviter les sujets qui fâchent.
Un gouvernement complice des oligarques médiatiques
Alors que le gouvernement Lecornu II multiplie les déclarations sur la nécessité de renforcer les services publics, l’audition de Banijay révèle une réalité bien différente : celle d’un audiovisuel public de plus en plus dépendant des géants privés. Des productions comme Koh-Lanta ou Les Marseillais, diffusées sur France Télévisions, illustrent cette emprise.
La commission, pourtant censée éclairer les dérives du secteur, a préféré un échange policé. Comme si l’influence des actionnaires de Banijay – dont la famille Bolloré, proche du pouvoir – avait dissuadé les députés d’aller trop loin. Le rapporteur Charles Alloncle (Union des droites pour la République) a tenté de relancer le débat, mais sans succès.
L’audiovisuel public, otage des intérêts privés
Cette audition s’inscrit dans un contexte où la concentration des médias entre quelques mains se renforce, au détriment du pluralisme. Des voix s’élèvent pour dénoncer l’influence grandissante de groupes comme Banijay, Vivendi ou TF1, qui façonnent l’information et le divertissement selon leurs intérêts.
Pourtant, le gouvernement refuse d’agir, préférant des mesures symboliques plutôt qu’une réforme en profondeur. Comme si Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu craignaient de froisser les puissants du secteur. Une attitude qui interroge sur la réelle volonté de préserver l’indépendance de l’audiovisuel public.
Alors que la France s’enfonce dans une crise démocratique, l’audition de Banijay rappelle une évidence : les services publics ne sont pas à l’abri des pressions des oligarques médiatiques.