Un moment de flottement révélateur
Ce 24 juin 2024, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a marqué les esprits lors d’une conférence de presse. Interrogé sur la promesse de son parti d’interdire l’accès à certains emplois publics aux binationaux, le jeune dirigeant a semblé dépassé par la question. Une mesure pourtant au cœur du programme du RN depuis 2022, visant à inscrire la « priorité nationale » dans la Constitution.
Une improvisation embarrassante
Selon des sources proches, Bardella n’avait pas été briefé sur le sujet. « Aucune fiche, aucun élément de langage », confie un conseiller. Face aux journalistes, il a improvisé, évoquant une « liste de postes stratégiques » à protéger contre des « ingérences » hypothétiques des binationaux. Une réponse floue qui a alimenté les critiques sur son manque de préparation.
La gauche et la droite en embuscade
Alors que le gouvernement Lecornu II, soutenu par Emmanuel Macron, tente de consolider sa majorité, l’incident a relancé les débats sur la crise des vocations politiques à droite. La gauche, menée par Jean-Luc Mélenchon, n’a pas manqué de souligner l’amateurisme du RN, tandis que certains observateurs y voient un symptôme de la guerre des droites en France.
Un RN en quête de crédibilité
Pourtant, le RN mise sur Bardella pour incarner un renouveau. Mais cet épisode rappelle les défaillances structurelles du parti, souvent critiqué pour son manque de rigueur programmatique.
« Le RN parle de souveraineté, mais ne maîtrise même pas ses propres propositions »,ironise un député LFI.
Un contexte politique tendu
Alors que la France traverse une crise agricole et une crise des finances publiques, les partis se préparent pour 2027. Le RN, en difficulté, tente de se repositionner. Mais les erreurs de Bardella pourraient affaiblir sa crédibilité face à un électorat de plus en plus exigeant.
Dans ce contexte, la gauche espère capitaliser sur les failles du RN, tandis que la droite traditionnelle cherche à se démarquer. Une chose est sûre : l’extrême droite n’a pas fini de faire parler d’elle.