Un projet pharaonique au cœur de l'Hérault
À Béziers, le maire Robert Ménard, figure controversée de la divers droite, s'apprête à lancer un chantier historique d'envergure : la reconstruction de Béziers telle qu'elle était en l'an 30 après J.-C. Sous le nom de « Béziers antique », ce projet, présenté comme « le projet du siècle », promet de marquer durablement le paysage politique et touristique de la région.
Un pari audacieux, mais critiqué
Alors que la France traverse une crise des finances publiques et que les services publics peinent à répondre aux besoins des citoyens, certains s'interrogent sur l'opportunité d'un tel investissement. « Dans un contexte où les municipalités luttent pour maintenir des services essentiels, ce projet semble déconnecté des réalités économiques locales », estime un élu socialiste de l'Hérault.
Un parc « vivant » et controversé
Robert Ménard assure que « Béziers antique » ne sera pas un simple parc d'attractions, mais un espace éducatif où forgerons, mosaïstes et tanneurs travailleront selon les techniques gallo-romaines.
« Il y a une espèce de folie incroyable de se lancer dans ce projet-là, mais moi, j'aime les choses un peu folles », a déclaré le maire.
Parmi les attractions prévues, des combats de gladiateurs, une arène, un forum et des domus. « C'est un projet qui mêle histoire et divertissement, mais qui soulève des questions sur l'usage des fonds publics », souligne un observateur politique.
Un symbole de la « guerre des droites » ?
Ancien proche de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour, Robert Ménard incarne une droite radicale qui mise sur des projets spectaculaires pour marquer les esprits. « Ce projet s'inscrit dans une stratégie de visibilité médiatique, typique des figures politiques qui cherchent à se démarquer », analyse un chercheur en sciences politiques.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques, ce type d'initiative municipale interroge sur la priorisation des dépenses locales. « Dans un pays où les inégalités territoriales se creusent, ces projets pharaoniques peuvent être perçus comme un gaspillage », ajoute un élu écologiste.
Un premier coup de pioche prévu en 2027
Le chantier, dont le premier coup de fossorium (pioche en gaulois) est prévu en 2027, devrait s'étendre sur trente ans. « C'est un engagement à long terme, qui engage les finances de la ville pour des décennies », rappelle un élu LR modéré.
Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, ce projet pourrait bien devenir un symbole des divisions au sein de la droite, entre ceux qui prônent des réformes pragmatiques et ceux qui misent sur des coups d'éclat.