Un parti divisé face aux enjeux locaux
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques, les tensions internes à Renaissance s'intensifient. Elisabeth Borne, ancienne Première ministre et actuelle présidente du Conseil national du parti, a publiquement mis en garde Gabriel Attal contre les « aventures individuelles », soulignant l'importance des municipales de 2026 pour ancrer le parti localement.
Priorité aux élections locales
Interrogée par les médias, Borne a insisté sur la nécessité pour Renaissance de se concentrer sur les élections municipales, plutôt que sur des ambitions présidentielles prématurées. « Je crois que c'est important que notre parti, y compris son secrétaire général, s'implique pour qu'on puisse s'ancrer localement », a-t-elle déclaré, rappelant que les victoires locales sont essentielles pour consolider la base électorale du parti.
Un avertissement à peine voilé
Borne n'a pas caché ses divergences avec Attal, notamment sur la proposition d'interdiction du voile pour les mineures. « Je m'autorise, compte tenu du parcours qui est le mien, à avoir une opinion », a-t-elle affirmé, marquant ainsi une distance claire avec la ligne du secrétaire général. Elle a également critiqué l'idée d'un parti réduit à un « outil de communication personnelle », une pique directe envers Attal.
La stratégie présidentielle en question
Alors que plusieurs candidats se positionnent pour 2027, Borne a refusé de s'engager automatiquement derrière Attal. « Au-delà des aventures individuelles, il faut pouvoir rassembler pour que la force politique à laquelle je crois soit présente au deuxième tour », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité d'un projet collectif plutôt que de personnalités divisantes.
Un rebaptême polémique
Parallèlement, Renaissance fait face à une polémique juridique après avoir annoncé son intention de reprendre le nom d'un groupe de presse historique, La Nouvelle République. Le quotidien, qui vend 120 000 exemplaires quotidiennement, a ironisé sur la « prudence » d'Attal, espérant qu'il ne lui « empruntera pas ses vieux logos ». Une affaire qui pourrait s'ajouter aux tensions internes du parti.
Un contexte politique tendu
Alors que la France traverse une crise des vocations politiques, les divisions au sein de Renaissance risquent de fragiliser davantage le bloc centriste. Avec un gouvernement Lecornu II sous pression pour relancer l'économie et apaiser les tensions sociales, les municipales de 2026 pourraient devenir un test crucial pour la majorité présidentielle.