Un troisième homme qui fait trembler Paris
À quelques mois des élections municipales de mars 2026, Pierre-Yves Bournazel, figure montante de la droite modérée, joue un rôle clé dans la bataille pour la Mairie de Paris. Soutenu par Renaissance et proche d'Édouard Philippe, l'élu du 7e arrondissement se positionne comme le faiseur de rois d'une élection où la gauche semble en difficulté face à une droite divisée.
Un jeu d'équilibriste entre Dati et Grégoire
Arrivant en troisième position dans les sondages, Bournazel évite soigneusement de dévoiler ses préférences entre Rachida Dati, candidate LR, et Emmanuel Grégoire, socialiste. En public, il affiche une neutralité de façade, mais en privé, ses proches évoquent une stratégie visant à éviter un choix trop précoce. "Nous ferons tout pour ne pas nous retrouver dans cette position", confie-t-il, sans préciser s'il penchera vers la droite ou la majorité sortante.
Les cicatrices de 2020
Le souvenir de 2020, où la candidature macroniste d'Agnès Buzyn avait affaibli Rachida Dati, pèse lourd dans les discussions. Les équipes de Dati n'hésitent pas à accuser Bournazel de jouer un double jeu, affirmant que "voter Bournazel, c'est voter Grégoire". Une accusation qui rappelle les tensions persistantes entre la droite et le parti présidentiel, malgré leur alliance nationale.
La gauche tente de séduire
Du côté socialiste, on adopte une stratégie plus conciliante. Emmanuel Grégoire, candidat officiel, a qualifié Bournazel d'"intéressant", tandis qu'un pilier du PS parisien a évoqué la possibilité d'une alliance, rappelant l'union de 2008 avec le MoDem. Une ouverture qui pourrait séduire Bournazel, soucieux de ne pas isoler sa base électorale.
Un enjeu national pour Macron
Au-delà des calculs locaux, cette élection revêt une dimension nationale. Le gouvernement Lecornu II, fragilisé par les crises économiques et sociales, surveille de près l'issue du scrutin. Une victoire de la gauche à Paris serait un symbole fort, alors que le président Macron tente de rassembler une majorité fragile à l'Assemblée. "Paris reste un laboratoire politique", souligne un conseiller du Premier ministre.
La crise de la démocratie locale
Cette bataille municipale s'inscrit dans un contexte plus large de défiance envers les institutions. Les abstentions record et la montée des extrêmes dans les sondages reflètent un désarroi citoyen que Bournazel tente d'apaiser en se présentant comme un rassembleur. Mais ses hésitations stratégiques pourraient bien le rattraper, alors que les électeurs attendent des prises de position claires.