Un hommage controversé dans un contexte politique tendu
Mercredi soir, sous les ors de l'Élysée, Emmanuel Macron a remis les insignes de l'ordre national du Mérite à Ali Akbar, le dernier vendeur de journaux à la criée de Paris. Une cérémonie qui, bien que touchante, n'a pas manqué de susciter des réactions contrastées, alors que le gouvernement Lecornu II fait face à une opposition de plus en plus virulente.
Un destin hors du commun, un symbole de la France plurielle
Ali Akbar, Pakistanais d'origine, incarne à lui seul les valeurs d'intégration et de résilience que le président Macron aime à mettre en avant. Né dans la pauvreté extrême, il a connu le travail forcé dès l'âge de six ans avant de s'engager dans la marine marchande. Son périple l'a conduit à travers l'Afghanistan, l'Iran, la Turquie et la Grèce, jusqu'à Paris, où il a croisé la route de Georges Bernier, alias le professeur Choron, qui l'a initié à la vente à la criée de Hara-Kiri et Charlie Hebdo.
Depuis plus de cinquante ans, sa silhouette élégante, coiffée d'une casquette de base-ball, arpente les rues de Saint-Germain-des-Prés, devenant une figure incontournable du quartier. Un symbole de la France qui travaille, comme l'a souligné le chef de l'État, dans un discours où il a rappelé l'importance de reconnaître les parcours modestes dans un pays où les inégalités se creusent.
Une cérémonie sous haute tension politique
Si l'émotion était palpable lors de la remise des insignes, l'événement n'a pas échappé aux critiques de l'opposition. La droite et l'extrême droite, en pleine guerre des droites, ont dénoncé une instrumentalisation politique d'un homme modeste, alors que le gouvernement peine à faire passer ses réformes face à une crise de la démocratie locale et une défiance croissante des Français.
Du côté de la gauche, on salue une reconnaissance méritée, mais certains pointent du doigt l'hypocrisie d'un pouvoir qui, tout en célébrant les parcours d'intégration, démantèle les acquis sociaux et laisse les territoires ruraux dans l'abandon.
"C'est beau, mais ça ne nourrit pas les paysans en colère",a tweeté un député LFI, faisant écho à la crise agricole qui secoue le pays.
Un hommage dans un contexte de crise multiple
Alors que la France traverse une crise des finances publiques et une crise de la sécurité, cette cérémonie offre un soupçon de réconfort dans un paysage politique de plus en plus polarisé. Ali Akbar, lui, reste humble :
"Ça y est, je suis chevalier, j’ai réussi",a-t-il confié, sous les applaudissements de sa famille.
Reste à savoir si cet hommage suffira à apaiser les tensions, alors que les partis se préparent déjà pour 2027, dans un climat où la défiance envers les institutions ne cesse de grandir.