Un budget qui fait saigner l'innovation
Alors que le déficit public menace de déraper, le gouvernement Lecornu II a choisi de frapper fort sur les investissements d'avenir. Dans un geste qui suscite l'indignation à gauche, le Premier ministre a annoncé une réduction drastique des crédits alloués au plan France 2030, pourtant présenté comme la pierre angulaire de la relance industrielle française.
1,1 milliard d'euros en moins pour l'innovation
C'est un véritable coup de massue pour le plan lancé en 2021 par Emmanuel Macron. Le projet de budget 2026, dévoilé vendredi 23 janvier, prévoit de raboter 1,1 milliard d'euros sur les 5,5 milliards initialement prévus pour les « investissements stratégiques ». Une décision qui intervient après une première coupe de 1 milliard d'euros votée par le Sénat en décembre 2025, sous l'impulsion de la droite.
La droite et l'extrême droite en première ligne
Si le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de respecter la cible de déficit à 5 % du PIB, cette décision s'inscrit dans une logique de compromis avec les forces conservatrices.
« Est-ce que c’est sur l’innovation que nous devons faire des économies ? Au moment où nous sommes totalement décrochés par la Chine et les États-Unis, ça n’est pas possible »,avait pourtant alerté Emmanuel Capus, sénateur de la majorité présidentielle, en décembre dernier.
Un plan en péril
Lancé en 2021 pour un montant total de 54 milliards d'euros sur cinq ans, France 2030 visait à rattraper le retard industriel de la France, à soutenir la transition écologique et à renforcer la souveraineté technologique. Mais face aux pressions budgétaires, le gouvernement semble prêt à sacrifier ces ambitions. Une décision d'autant plus critiquable que les pays comme le Japon, le Canada ou les États de l'Union européenne (à l'exception de la Hongrie) continuent d'investir massivement dans l'innovation.
La gauche monte au créneau
À gauche, les réactions sont virulentes. Les députés et sénateurs socialistes dénoncent une trahison des engagements présidentiels. « Ce budget est un aveu d'impuissance », déclare un élu sous couvert d'anonymat. « On nous promet des investissements d'avenir, mais on vide les caisses au profit de mesures clientélistes. »
Un gouvernement sous pression
Alors que le gouvernement Lecornu II doit encore faire face à des motions de censure et à une opposition de plus en plus virulente, cette décision pourrait bien alimenter les tensions au sein de la majorité. Dans un contexte de crise des vocations politiques et de crise des finances publiques, le gouvernement se retrouve pris entre le marteau des contraintes budgétaires et l'enclume des attentes sociales.