Un budget 2026 qui fait grincer des dents
Les élus intercommunaux français ont exprimé leur colère face aux coupes budgétaires prévues dans le projet de loi de finances 2026. Réunis mardi 27 janvier à Paris, ils dénoncent un traitement injuste qui pèse lourdement sur les territoires.
« Une pièce de théâtre dont nous sommes les dindons »
Sébastien Miossec, président délégué d'Intercommunalités de France, a qualifié le budget de « extrêmement douloureux » et porteur de « lourdes conséquences ». Une critique partagée par Virginie Lutrot, première vice-présidente de l'association, qui s'interroge :
« Qu'a-t-on fait de mal pour être aussi détestés et mal-aimés ? »
Les intercommunalités, qui représentent 20 % de la dépense publique locale, devront pourtant assumer plus de la moitié des économies demandées aux collectivités. Une disproportion qui interroge.
1,7 milliard d'euros d'économies imposées
Selon les calculs d'Intercommunalités de France, les « interco » devront se serrer la ceinture à hauteur de 1,7 milliard d'euros. Une mesure qui cible notamment la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle et la réduction de la compensation de l'allégement fiscal industriel.
Gilles Carrez, président de la commission des finances de l'association, dénonce un déséquilibre flagrant : « Chacun doit participer à l'effort, mais l'intercommunalité semble toujours être le bouc émissaire. »
Un gouvernement sourd aux territoires
Alors que le gouvernement Lecornu II engage sa responsabilité sur ce budget, les élus locaux dénoncent un manque de dialogue. « Où est la solidarité territoriale promise ? » s'interrogent-ils, alors que communes, départements et régions sont épargnés.
Cette crise budgétaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des finances publiques, où les collectivités locales paient le prix fort des choix nationaux.
Un budget qui fragilise la démocratie locale
Au-delà des chiffres, c'est le modèle même de la démocratie locale qui est menacé. Les intercommunalités, souvent en première ligne pour les services publics, voient leurs marges de manœuvre réduites.
Cette situation alimente le sentiment d'abandon des territoires, notamment dans les zones rurales et périurbaines, où les effets des coupes budgétaires seront les plus visibles.
Et après ?
Alors que la campagne pour les élections de 2027 s'annonce tendue, ce budget pourrait bien devenir un enjeu majeur. Les partis de gauche, traditionnellement proches des collectivités locales, pourraient bien en faire un argument central.
Reste à savoir si le gouvernement saura entendre ces cris d'alarme avant qu'il ne soit trop tard.