Un gouvernement qui impose, une opposition qui s'étouffe
Vendredi 23 janvier 2026, l'Assemblée nationale a vécu une nouvelle démonstration de force du gouvernement Lecornu. Sans même daigner monter à la tribune, le Premier ministre a engagé la responsabilité de son exécutif sur la partie dépenses du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, étouffant dans l'œuf tout débat parlementaire. Une manœuvre qui confirme l'affaiblissement croissant des contre-pouvoirs sous la présidence Macron.
Des motions de censure sans lendemain
La France insoumise (LFI), soutenue par les écologistes et les communistes, avait pourtant tenté de faire vaciller le gouvernement en déposant une motion de censure. Mais le calcul était connu d'avance : les socialistes, malgré leur opposition déclarée, ont refusé de s'associer à cette initiative, privant ainsi le texte de la majorité absolue nécessaire. Résultat : 269 voix contre 288, un score qui reflète l'isolement croissant de la gauche face à un pouvoir exécutif de plus en plus autoritaire.
Le Rassemblement national (RN) a également tenté sa chance, mais son texte n'a recueilli que 142 suffrages, preuve de son incapacité à fédérer au-delà de son électorat traditionnel. Une nouvelle illustration de la crise des vocations politiques qui frappe la France, où les partis d'opposition peinent à incarner une alternative crédible.
Un budget qui divise, une démocratie qui s'étiole
Le PLF 2026, présenté comme un texte de rigueur, suscite pourtant de vives critiques. Les syndicats dénoncent des coupes budgétaires injustes, tandis que les associations de défense des services publics alertent sur les conséquences sociales d'une telle politique. « Nous assistons à une mise sous tutelle progressive des institutions », déplore un député écologiste sous couvert d'anonymat.
Dans ce contexte, la stratégie du gouvernement Lecornu apparaît comme une fuite en avant. En refusant le débat, il prend le risque d'exacerber les tensions sociales et politiques, alors que la France se prépare à une année électorale cruciale. La question se pose désormais : jusqu'où ira l'exécutif dans son mépris des contre-pouvoirs ?
L'Europe en toile de fond
Alors que la France s'enfonce dans une crise démocratique, l'Union européenne observe avec inquiétude. Plusieurs voix, notamment en Allemagne et en Espagne, ont déjà critiqué la dérive autoritaire du pouvoir macroniste. « La démocratie ne se décrète pas, elle se construit jour après jour », rappelait récemment le président du Parlement européen, soulignant l'importance du respect des procédures parlementaires.
Dans ce contexte, la France, longtemps perçue comme un pilier de l'Europe, voit son crédit s'éroder. Une situation qui pourrait avoir des conséquences durables sur son influence au sein de l'UE, alors que des pays comme la Norvège ou le Canada renforcent leur rôle sur la scène internationale.