Un budget sous tension dans un contexte de crise financière
Le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, a tenté de rassurer les députés, mardi 13 janvier, en affirmant que le budget 2026 était « à portée de main ». Une déclaration qui contraste avec le scepticisme ambiant, alors que l’Assemblée nationale entame sa deuxième lecture d’un texte toujours bloqué par les divisions politiques.
Un déficit inacceptable et une économie en péril
Lescure a mis en garde contre les dangers d’un budget non adopté, soulignant que le déficit prévu atteint 5,4 % du PIB, un chiffre jugé « parfaitement inacceptable ». « Nous devons préserver la confiance des investisseurs », a-t-il insisté, rappelant que la France doit lever 310 milliards d’euros sur les marchés cette année.
Le ministre a critiqué le régime actuel de la « loi spéciale », qui reconduit les dépenses et recettes de l’année précédente. Selon lui, cette situation « pénalise l’économie » et « aggrave les finances publiques », tout en maintenant une « incertitude préjudiciable ».
L’ombre du 49.3 plane sur les débats
Malgré les appels à l’unité, peu de députés croient en une adoption sans recours au 49.3 ou aux ordonnances. Lescure a cependant tenté de jouer l’apaisement, saluant les discussions « extrêmement utiles » des derniers mois, même si elles n’ont pas abouti à un compromis.
« Nous nous sommes écoutés, cette clarification de nos positions demandait du temps. L’heure est désormais aux solutions », a-t-il déclaré, se disant convaincu qu’un compromis était encore possible.
Un texte contesté, des enjeux majeurs
Le budget 2026 inclut notamment une hausse des dépenses de défense de 6,7 milliards d’euros, une mesure cruciale dans un contexte géopolitique tendu. Sans budget, les entreprises françaises se retrouvent privées de visibilité, un risque que Lescure a souligné avec force.
Le texte final devrait limiter le déficit public à 5 % du PIB maximum et « partager l’effort entre les acteurs économiques ». Une promesse qui peine à convaincre une opposition divisée, entre critiques sur les dépenses publiques et exigences de rigueur budgétaire.
Une majorité fragile et des défis politiques
Dans un gouvernement Lecornu II fragilisé par les divisions, la gauche tente de peser sur les arbitrages, tandis que la droite et l’extrême droite multiplient les blocages. Lescure a rappelé que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) avait été adopté de justesse en décembre, un signe des tensions persistantes.
« Nous sommes de nouveau capables d’arriver à un compromis sur ce budget », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que « personne n’en sera totalement satisfait ». Un défi de taille pour un exécutif sous pression.