Carburants à plus de 2€/l : le gouvernement refuse de baisser la TVA, malgré les cris d'alarme

Par Mathieu Robin 11/03/2026 à 10:08
Carburants à plus de 2€/l : le gouvernement refuse de baisser la TVA, malgré les cris d'alarme

Carburants à plus de 2€/l : le gouvernement refuse de baisser la TVA malgré les cris d'alarme. Une décision qui divise, alors que la gauche accuse le pouvoir de privilégier la rigueur budgétaire.

Un ministre sous le feu des critiques

Alors que le gazole franchit le seuil symbolique des deux euros le litre, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, refuse toute mesure fiscale immédiate pour soulager les ménages. Une position qui suscite l’indignation, notamment à gauche, où l’on accuse le gouvernement de privilégier la rigueur budgétaire au détriment du pouvoir d’achat.

Une réponse « internationale » à une crise internationale

Interrogé sur France Inter, David Amiel a affirmé que la seule solution viable serait une coordination internationale, notamment via le G7. « Notre priorité absolue, c'est préserver au maximum le pouvoir d'achat des Français », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Mais ça veut aussi dire ne pas dilapider l'argent public ».

Pourtant, des pays comme l’Italie et le Portugal ont déjà pris des mesures fiscales pour atténuer l’impact de la hausse des prix. Une option que le ministre rejette, arguant que ces pays « ne disposent pas d'un parc nucléaire performant », ce qui expliquerait des prix de l’énergie plus élevés.

La TVA sur les carburants : un débat qui s’enflamme

La question d’une baisse de la TVA, passée de 20 % à 5,5 %, revient régulièrement dans le débat public. Selon les estimations, une telle mesure coûterait 17 milliards d’euros aux finances publiques, un montant que le gouvernement juge « insoutenable » dans le contexte actuel.

Pourtant, des voix s’élèvent pour dénoncer cette rigidité. Jean-Luc Mélenchon, figure de la gauche radicale, a qualifié cette position de « cynisme économique », rappelant que les ménages les plus modestes sont les plus touchés par cette flambée des prix.

La guerre au Moyen-Orient, un facteur aggravant

La hausse des prix des carburants s’explique en partie par les tensions géopolitiques, notamment dans le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour le pétrole. Le ministre a souligné l’importance de « libérer la circulation » dans cette zone, une solution qui, selon lui, permettrait de stabiliser les prix.

Cependant, cette approche est critiquée par des experts, qui estiment que la France ne peut pas se contenter d’attendre une solution internationale, alors que les Français subissent déjà des difficultés financières.

Un gouvernement sous pression

Alors que le gouvernement Lecornu II fait face à une montée des critiques, notamment sur sa gestion des finances publiques, cette nouvelle crise des carburants pourrait renforcer les divisions au sein de la majorité.

De son côté, Marine Le Pen, leader du Rassemblement National, a saisi l’occasion pour dénoncer « l’impuissance du pouvoir en place », appelant à des mesures immédiates pour protéger les Français.

Reste à savoir si le gouvernement cédera à la pression ou maintiendra sa ligne budgétaire stricte, au risque de s’aliéner une partie de l’électorat.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (9)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

N

Nolwenn de Nivernais

il y a 5 jours

Le problème, c'est que le gouvernement refuse de voir que cette hausse des carburants touche surtout les classes moyennes et populaires. Les riches, eux, ont les moyens de s'adapter. C'est une injustice flagrante.

0
E

evercurious47

il y a 5 jours

Nooooon mais sérieux ??? 2€ le litre c'est la mort !!! J'ai fait le plein hier et j'ai cru que j'allais faire un AVC...

0
A

Avocat du diable 2023

il y a 5 jours

Et vous trouvez ça normal de payer 2€ le litre alors que les actionnaires des pétroliers se gavent ?

0
A

Anne-Sophie Rodez

il y a 5 jours

@avocat-du-diable-2023 Exactement ! Et en plus, ils nous sortent des arguments bidon sur la transition énergétique. Comme si on pouvait tous passer à l'électrique du jour au lendemain...

0
H

Hugo83

il y a 5 jours

Moi je fais 50km par jour en voiture, et là c'est la galère. 2€ le litre, c'est juste impossible. Le gouvernement nous prend pour des vaches à lait !!!

0
R

Reminiscence

il y a 5 jours

@hugo83 Ben oui, mais tu votes quand même pour eux, non ?

0
T

tregastel

il y a 5 jours

Bon... encore un débat qui va tourner en rond. La gauche crie, la droite temporise, et nous on paie. Franchement, à ce stade, on s'en fout de savoir qui a raison, on veut juste des solutions.

4
D

Douarnenez

il y a 5 jours

Le gouvernement invoque la rigueur budgétaire, mais en Allemagne, la TVA sur les carburants a été temporairement réduite à 7% pendant la crise énergétique. Pourquoi pas chez nous ? Les comparaisons internationales montrent que c'est possible sans faire exploser les déficits.

0
G

ghi

il y a 5 jours

@douarnenez C'est vrai que la communication gouvernementale est bizarre. Ils nous disent 'on protège le pouvoir d'achat' mais refusent toute mesure visible. Bizarre, non ? Ou alors c'est juste pour ne pas froisser Bruxelles...

0
Publicité