Un bras de fer politique autour de l'assurance-chômage
Les négociations sur la réforme de l'assurance-chômage ont atteint un point de rupture, jeudi 19 février, au siège de l'Unédic. Les partenaires sociaux, réunis pour l'avant-dernière séance de discussions, n'ont pas réussi à trouver un terrain d'entente, malgré les injonctions du gouvernement Lecornu II.
Le patronat, représenté par le Medef et la CPME, exige des économies massives, allant jusqu'à 1 milliard d'euros par an, bien au-delà des 400 millions demandés par l'exécutif. Les syndicats, en particulier la CGT, dénoncent une attaque frontale contre les droits des chômeurs.
Des propositions controversées
Les employeurs ont mis sur la table des mesures radicales, touchant notamment les travailleurs frontaliers et les intermittents du spectacle. Ces propositions, cumulées, pourraient générer plus de 4 milliards d'économies, selon leurs calculs. La CGT a immédiatement réagi, promettant de mobiliser lors de la dernière séance du 25 février.
"Le patronat ne compte pas sur la signature de la CGT pour baisser les droits des chômeurs, par contre on va faire un maximum de bruit, proportionnel à l'attaque à laquelle on assiste." Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT
Un contexte politique tendu
Cette crise intervient dans un climat déjà marqué par la crise des finances publiques et les tensions autour de la stratégie des partis pour 2027. Le gouvernement, sous la pression des marchés et des institutions européennes, cherche à assainir les comptes sociaux, mais se heurte à une opposition syndicale déterminée.
La droite et l'extrême droite, quant à elles, profitent de la situation pour critiquer la gestion du pouvoir en place, accusant Emmanuel Macron de manquer de fermeté face aux syndicats. À gauche, on dénonce une politique d'austérité déguisée, alors que le chômage reste un enjeu majeur pour les prochaines échéances électorales.
Les prochaines heures seront décisives pour savoir si un accord pourra être trouvé avant la dernière séance de négociation.