Carburants à prix d’or : le RN exige une baisse d’urgence de la TVA, l’État dans le collimateur

Par Renaissance 16/09/2026 à 10:20
Carburants à prix d’or : le RN exige une baisse d’urgence de la TVA, l’État dans le collimateur

Carburants à 2,20 euros le litre : le RN exige une baisse d'urgence de la TVA sur l’essence, accusant l’État d’incompétence et de passivité face à la crise sociale qui menace d’asphyxier l’économie française. Les pêcheurs en première ligne dénoncent des coûts insoutenables.

La crise des carburants s’aggrave : le Rassemblement National réclame une action immédiate de l’État

Alors que le prix moyen du litre d’essence frôle désormais les 2,20 euros, les Français subissent de plein fouet l’explosion des coûts de l’énergie, un phénomène qui menace de paralyser l’économie nationale. Dans un contexte où des ménages doivent désormais arbitrer entre remplir leur réservoir ou leur frigo, le vice-président du groupe Rassemblement National à l’Assemblée nationale a interpellé ce mercredi le gouvernement sur sa passivité face à cette crise. Invité des 4V sur France 2, Laurent Jacobelli a dénoncé l’inaction coupable des autorités, pointant du doigt un État perçu comme le premier responsable de cette situation.

Un État « profiteur » qui refuse d’agir ?

Pour le député d’extrême droite, la hausse des prix du carburant n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une politique fiscale excessive et d’une gestion désastreuse. « Le prix du litre d’essence atteint aujourd’hui 2,20 euros, dont plus de 50 % reviennent directement dans les caisses de l’État sous forme de taxes et de TVA », a-t-il souligné, martelant que « des familles entières se retrouvent contraintes de choisir entre le plein d’essence et l’alimentation ». Une situation qu’il qualifie d’« intolérable », alors que la France fait face à un ralentissement économique déjà perceptible.

Face à cette urgence sociale, Jacobelli plaide pour une baisse immédiate de la TVA sur les énergies, passant de 20 % à 5,5 %, afin de soulager le pouvoir d’achat des ménages. Une mesure qu’il présente comme une « décision d’urgence pour éviter que notre économie ne s’effondre ». Mais le RN ne se contente pas de critiquer : il propose une solution concrète, estimant que l’État doit montrer l’exemple avant de pointer les autres acteurs du secteur.

Raffineurs et pêcheurs victimes collatérales d’une politique erratique

Si Laurent Jacobelli reconnaît l’existence de marges jugées excessives chez certains raffineurs, il refuse de désigner ces entreprises comme les seuls responsables. « Il faut distinguer les profits légitimes, issus d’investissements ou d’innovations technologiques, des profiteurs de guerre qui tirent avantage de la conjoncture », a-t-il expliqué. Une nuance qui permet au RN de critiquer ouvertement les grandes compagnies pétrolières tout en évitant de s’aliéner une partie de l’électorat sensible aux discours anti-élites économiques.

La colère des pêcheurs, qui manifestent depuis plusieurs jours dans les ports méditerranéens, illustre l’ampleur de la crise. À Fos-sur-Mer comme à Frontignan, les professionnels du secteur dénoncent des coûts de carburant si élevés que certains navires ne peuvent plus prendre la mer sans faire de pertes. Des scènes de tension ont d’ailleurs été rapportées entre les pêcheurs et les forces de l’ordre, révélatrices d’un malaise social profond.

Pour le vice-président du RN, cette crise est le symptôme d’un gouvernement incapable d’anticiper et de gérer les chocs économiques. « Emmanuel Macron et son équipe sont des ‘Pieds Nickelés de l’économie’, des incompétents qui regardent la situation se dégrader sans agir », a-t-il lancé, qualifiant leur gestion de « catastrophique ». Une attaque en règle contre une présidence en bout de course, alors que le quinquennat arrive à son terme dans quelques mois.

Budget 2027 : le RN fixe ses lignes rouges et menace de censurer

Alors que le ministre de l’Économie, Sébastien Lecornu, a récemment demandé aux ministres de revoir à la baisse leurs dépenses pour 2026, le Rassemblement National a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne tolérerait aucune mesure pouvant aggraver la situation des Français. « Pas d’impôts supplémentaires, pas de baisse du pouvoir d’achat, et surtout, pas de budget mal ficelé qui hypothéquerait l’avenir du pays », a martelé Jacobelli.

Marine Le Pen, présidente du RN, a récemment déclaré préférer un budget « perfectible » à une loi spéciale reconduisant le budget 2026, une position qui révèle une stratégie de pragmatisme politique. « Nous ne sommes pas comme l’extrême gauche, qui refuse systématiquement tout compromis. Nous assumons nos responsabilités », a-t-il expliqué. Cependant, le RN se réserve le droit de censurer le texte si celui-ci s’avère irréaliste, injuste ou dangereux pour la France.

Parmi les économies envisagées par le gouvernement, le RN cible particulièrement le fonctionnement des agences administratives, jugées trop lourdes et inefficaces. « Prenez l’exemple des Agences régionales de santé : on y dépense des millions dans des structures administratives qui ne soignent personne, alors que les hôpitaux manquent cruellement de personnel », a-t-il dénoncé. Une critique qui s’inscrit dans une logique de réduction des gaspillages publics, mais qui pourrait aussi servir de prétexte pour sabrer dans les services sociaux.

Une crise économique qui interroge l’avenir du pays

La hausse des carburants n’est qu’un symptôme parmi d’autres d’une économie française en difficulté. Entre dette publique record, ralentissement de la croissance et perte de compétitivité, le pays semble piégé dans un cercle vicieux. Les économistes s’accordent à dire que la consommation des ménages, moteur traditionnel de l’activité, est en train de s’étioler, ce qui pourrait entraîner une baisse des recettes fiscales dans les mois à venir.

Face à cette situation, le RN mise sur un discours anti-élites et anti-système, tout en proposant des mesures protectionnistes et des baisses d’impôts ciblées. Une stratégie qui séduit une partie de l’électorat populaire, mais qui inquiète les observateurs, tant elle semble peu réaliste sur le plan budgétaire. « Baisser la TVA sur les carburants, c’est bien, mais comment compenser la perte de recettes pour l’État ? » s’interroge un économiste proche du gouvernement.

Alors que les prochaines élections présidentielles se profilent, la question des carburants pourrait bien devenir un enjeu majeur de la campagne. Le RN, qui mise sur le mécontentement social pour progresser dans les sondages, compte bien en faire un argument central contre la majorité sortante. Une stratégie risquée, mais qui pourrait payer si la crise s’aggrave d’ici 2027.

Les pêcheurs en première ligne : un symbole de la colère populaire

Les manifestations des pêcheurs, qui bloquent régulièrement des dépôts de carburant, illustrent la colère d’un secteur en première ligne face à la crise énergétique. À la fois victimes de la hausse des coûts et du manque de vision politique, les professionnels du secteur dénoncent une double peine : des marges écrasées par la flambée des prix, et des recettes en chute libre.

« Nous ne pouvons plus travailler. Le carburant coûte si cher que chaque sortie en mer nous fait perdre de l’argent », explique un marin de Sète, sous couvert d’anonymat. Des scènes de tension ont été rapportées dans plusieurs ports, où les forces de l’ordre ont dû intervenir pour éviter des débordements.

Pour le RN, ces mouvements sociaux sont une opportunité politique. En soutenant publiquement les pêcheurs, le parti espère capitaliser sur le mécontentement ambiant, tout en discréditant le gouvernement. « La colère des Français est légitime, et l’État doit enfin agir », a lancé Jacobelli, avant d’ajouter : « Ce sont les Pieds Nickelés de l’Économie qui nous ont menés dans ce bourbier ».

L’Europe, un bouc émissaire trop facile ?

Si le RN pointe du doigt l’État et les raffineurs, il évite soigneusement de mentionner le rôle des marchés internationaux et des tensions géopolitiques dans la hausse des prix de l’énergie. Pourtant, la guerre en Ukraine, les sanctions contre la Russie et les tensions avec les pays producteurs de pétrole ont largement contribué à cette inflation.

Une omission stratégique, qui permet au parti de concentrer ses critiques sur des cibles locales, plus faciles à caricaturer. « L’Europe et les États-Unis ne sont pas responsables de nos problèmes, c’est notre propre gouvernement qui a échoué », martèle Jacobelli. Une rhétorique qui rappelle les discours souverainistes des années 1980, mais qui peine à convaincre les experts.

Alors que la France s’apprête à entrer dans une période électorale décisive, la crise des carburants pourrait bien devenir le catalyseur d’un malaise social plus profond. Entre colère des classes populaires, impuissance affichée de l’État et montée des extrêmes, le pays semble plus divisé que jamais.

Dans ce contexte, le RN mise sur une stratégie de tension permanente, alternant entre propositions choc et attaques en règle contre la majorité. Une méthode qui, si elle séduit une partie de l’électorat, pourrait aussi aggraver les divisions nationales à l’approche des prochaines échéances politiques.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (1)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

H

HGW_304

il y a 10 minutes

nooooon mais pk on paie tt ça ???!! les pauvres pêcheurs ils vont couler en tt cas... l'état il fait RIEN... jsp pk on se bat pour voter TROP TARD mdr

0
Publicité