Carburants : Panot exige la réquisition et un blocage des prix face aux pénuries

Par Renaissance 07/04/2026 à 10:18
Carburants : Panot exige la réquisition et un blocage des prix face aux pénuries

Face aux pénuries et à la flambée des prix à la pompe, Mathilde Panot propose la réquisition des stocks et un blocage immédiat des carburants à 1,70 €. L’exécutif accusé d’inaction dans une crise qui menace de s’aggraver.

Crise des carburants : la gauche propose des solutions radicales face à l’inaction gouvernementale

Alors que plus d’un quart des stations-service françaises en France sont en rupture de stock d’au moins un carburant, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a tiré la sonnette d’alarme ce mardi 7 avril. Face à l’explosion des prix à la pompe, consécutive aux tensions au Moyen-Orient et à la spéculation des géants pétroliers, la députée insoumise a brandi deux mesures choc : la réquisition des stocks en cas de pénurie avérée, et un blocage immédiat des prix à 1,70 euro le litre pour les carburants.

Un gouvernement accusé de laisser les Français à la merci des profiteurs

Selon les dernières données de l’Union française des industries pétrolières, près de 25 % des stations sont aujourd’hui en pénurie, un chiffre qui s’aggrave chaque week-end en raison de la hausse de la demande. Mathilde Panot dénonce une « inertie coupable » de l’exécutif, qu’elle accuse de « gérer la crise à coups de rustines » : « Nous avons un gouvernement qui, depuis plus d’un mois, ne fait quasiment rien. Ils se contentent de distribuer des chèques qui ne résolvent rien, alors que la solution est simple : bloquer les prix. »

Pour la députée, le blocage des prix n’est pas seulement une mesure de justice sociale, mais une nécessité économique. « Le pays ne va pas tenir si on continue comme ça, déclare-t-elle. Ces petits chèques par-ci par-là, ce sont des rustines qui ne font que prolonger la souffrance des classes populaires et moyennes. » Elle fustige les « profiteurs de guerre », ces entreprises qui, profitant des tensions géopolitiques, maintiennent des marges indécentes sur l’essence et le diesel.

« Le blocage des prix est la seule mesure qui ne coûte pas un euro à l’État, qui ne prend pas dans les poches des Français, mais qui va prendre par contre dans les poches des profiteurs de guerre. »
Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

Réquisition : une mesure d’urgence qui divise

Face à l’aggravation des pénuries, Mathilde Panot a brandi l’arme ultime : la réquisition des stocks de carburants. Une proposition qui, bien que radicale, s’inscrit dans une logique de sauvegarde de l’intérêt général. « Si vraiment il y a un problème sur la question de l’accès aux carburants, ce que nous ferons, c’est la réquisition », a-t-elle martelé. Une mesure soutenue par une partie de la gauche, qui estime que l’État doit reprendre le contrôle d’un secteur stratégique, trop souvent laissé aux mains des multinationales.

Cette proposition, bien que soutenue par certains économistes de gauche, se heurte à l’opposition farouche des libéraux, qui y voient une atteinte inacceptable à la liberté d’entreprise. Pourtant, pour les défenseurs de cette mesure, il s’agit ni plus ni moins que de protéger les citoyens contre les abus. « Quand les prix flambent et que les rayons se vident, c’est la preuve que le marché a échoué. Il est temps que l’État agisse en régulateur, pas en spectateur », argue un économiste proche de LFI.

Une crise qui révèle les failles d’un système énergétique dépendant

La situation actuelle n’est pas seulement le fruit de la guerre au Moyen-Orient. Elle met en lumière les faiblesses structurelles de la France en matière d’approvisionnement énergétique. Malgré les promesses répétées de transition écologique, le pays reste tributaire des importations de pétrole, et donc vulnérable aux chocs géopolitiques. Les appels à une autonomie énergétique renforcée se multiplient, mais les mesures concrètes tardent à venir.

Dans ce contexte, la proposition de Mathilde Panot s’inscrit dans une vision plus large : celle d’une politique énergétique souveraine et sociale. « Le blocage des prix et la réquisition ne sont pas des solutions miracles, explique-t-elle, mais ce sont des mesures d’urgence pour protéger les Français jusqu’à ce que des solutions durables soient mises en place. »

La droite et l’extrême droite silencieuses face à la crise

Alors que la gauche monte au créneau, la droite et l’extrême droite peinent à proposer des alternatives cohérentes. Les Républicains, traditionnellement défenseurs de l’économie de marché, se contentent de critiquer « l’inflation galopante » sans proposer de mesures concrètes. Quant au Rassemblement National, il préfère pointer du doigt l’« incompétence de Macron », sans jamais évoquer de solution structurelle.

Pourtant, les Français, eux, attendent des réponses. Selon un récent sondage, 68 % des sondés soutiennent le blocage des prix de l’énergie, une mesure pourtant rejetée par le gouvernement. Une preuve, s’il en était besoin, que l’exécutif est déconnecté des réalités.

Et demain ? Vers une régulation accrue des marchés énergétiques ?

La crise des carburants pourrait bien marquer un tournant dans le débat sur la régulation des marchés énergétiques. Alors que l’Union européenne se montre de plus en plus critique envers les pratiques des géants du pétrole, la France pourrait prendre les devants en instaurant un plafond légal des prix. Une mesure déjà adoptée par certains pays européens, comme l’Espagne, avec des résultats encourageants.

Pour Mathilde Panot, il est urgent d’agir : « Si le gouvernement persiste dans son inaction, les prochaines pénuries pourraient dégénérer en crise sociale majeure. Nous n’avons plus le temps de tergiverser. »

Face à l’urgence, une question reste en suspens : le gouvernement Lecornu II acceptera-t-il enfin de sortir de sa léthargie, ou faudra-t-il attendre une nouvelle crise pour que des mesures fortes soient enfin prises ?

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (7)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

O

Ophélie

il y a 1 mois

ptdr les gens kicke sur macron alors k'il est même pas au courant de l'info aha !!! c'est pas son scéptre qui va remplir les cuveS... sa mère la pénurie !!!

0
V

veronique-de-saint-etienne

il y a 1 mois

Comme d’hab. L’État promet, les prix montent, et nous on serre la ceinture. Encore une fois.

0
L

Le Dubitatif 2022

il y a 1 mois

Mouais. Et après on nous sortira que c’est la faute aux gilets jaunes ou à Poutine. Bof. Toujours le même manège.

0
G

ghi

il y a 1 mois

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2022, la marge sur les carburants était de 0,18 €/l, aujourd’hui elle est à 0,32 €. Bloquer à 1,70€ reviendrait à rogner 40% des bénéfices des raffineurs. La réquisition ? Techniquement possible via l’article 17 de la Constitution, mais juridiquement risqué (indemnisation obligatoire, risque de blocage européen). Bref, une mesure spectaculaire mais coûteuse.

0
I

Isabelle du 61

il y a 1 mois

Bon... encore une proposition qui va finir aux oubliettes. Pendant ce temps, les raffineries tournent à 80% et les prix explosent. La crise énergétique, c’est comme l’été : ça revient tous les ans, et on a toujours pas de clim.

0
D

DigitalAge

il y a 1 mois

NOOOONNN SERIEUX ??? elle propose la réquisition mais personne va oser toucheR aux pdg du pétrole genre ?! mdr on va encore se faire niquer sa mère...

1
H

HGW_304

il y a 1 mois

MAIS C'EST QUOI CE BORDEL !!!!! on paye déjà 2€ le litre et ils osent encore parler de pénurie pour faire monter les prix encore plus ??? SA MÈRE LA SPECULATION !!!

0
Publicité