Un objectif inaccessible malgré les promesses
Le plein-emploi en 2027, tel que promis par Emmanuel Macron, semble désormais hors de portée. Un échec patent qui s’inscrit dans une série de revers économiques et sociaux pour le gouvernement Lecornu II. Les dernières statistiques de l’Insee, publiées ce mardi 10 février 2026, révèlent une hausse inquiétante du chômage : +56 000 demandeurs d’emploi au dernier trimestre 2025, portant le total à 2,5 millions de personnes. Le taux de chômage atteint désormais 7,9 %, contre 7,3 % il y a un an.
Une promesse électorale oubliée
En 2022, le président de la République avait pourtant affirmé sa volonté de ramener le chômage à 5 % d’ici 2027. Une ambition réitérée en 2024, mais qui se heurte désormais à la réalité.
« L’inversion de la courbe du chômage », un slogan qui rappelle celui de François Hollande, mais sans la même issue. Contrairement à son prédécesseur, Macron ne sera pas jugé sur cet échec, son mandat s’achevant en 2027.
La France à la traîne en Europe
Alors que l’Allemagne affiche un taux de chômage stable à 3,8 % et que l’Italie est passée sous la barre des 6 %, la France reste à la traîne. La moyenne européenne, à 5,9 %, montre que le modèle français peine à suivre. Un constat d’autant plus amer que les réformes successives du marché du travail n’ont pas produit les effets escomptés.
Crise industrielle et politique sanitaire : des facteurs aggravants
La crise industrielle et les tensions persistantes autour de la politique sanitaire ont contribué à ce recul. Les secteurs clés, comme l’automobile et l’aéronautique, subissent des retards structurels, tandis que les mesures de relance peinent à convaincre. Les critiques de la gauche pointent du doigt une absence de vision à long terme, tandis que la droite et l’extrême droite exploitent ce sujet pour alimenter leur rhétorique.
Stratégie des partis pour 2027 : un enjeu majeur
À moins d’un an des élections présidentielles, cet échec économique pourrait peser lourd dans la balance. Les partis de gauche, comme LFI et le PS, martèlent leur opposition aux politiques libérales, tandis que le RN et LR cherchent à capitaliser sur le mécontentement. Un contexte explosif qui pourrait redessiner le paysage politique français.
La démocratie locale en crise
Parallèlement, la crise de la démocratie locale s’aggrave. Les collectivités territoriales, asphyxiées par les restrictions budgétaires, peinent à soutenir l’emploi local. Un cercle vicieux qui alimente le sentiment d’abandon des territoires ruraux et périurbains.
Finances publiques : un autre défi
La crise des finances publiques complique encore la donne. Avec un déficit qui se creuse et une dette qui approche les 120 % du PIB, le gouvernement Lecornu II doit jongler entre rigueur budgétaire et relance économique. Un équilibre difficile qui pourrait coûter cher à la majorité en place.