Budget 2026 : les riches épargnés, les entreprises sous pression

Par Éclipse 06/02/2026 à 07:05
Budget 2026 : les riches épargnés, les entreprises sous pression

Budget 2026 : les riches épargnés, les entreprises sous pression. Revalorisation timide des impôts, taxe sur les holdings, mais pas de réforme fiscale profonde.

Un budget 2026 timide pour les particuliers

Adoptée le 2 février, la loi de finances pour 2026 déçoit les observateurs. Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a finalement renoncé à geler le barème de l'impôt sur le revenu, une mesure qui aurait pourtant permis de soulager les ménages modestes. Les tranches d'imposition seront donc revalorisées de 0,9 %, un ajustement largement insuffisant face à l'inflation persistante.

Autre recul notable : la suppression de l'abattement de 10 % sur les pensions de retraite, pourtant promise par certains amendements, n'a pas été retenue. Une décision qui laisse les retraités dans l'incertitude, alors que le pouvoir d'achat des seniors est déjà fortement érodé.

La taxe sur les hauts revenus maintenue, mais pour combien de temps ?

Seule mesure symbolique : la reconduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus, instaurée en 2025. Cette taxe, qui cible les contribuables gagnant plus de 250 000 euros par an (500 000 euros pour un couple), vise à garantir un prélèvement minimal de 20 % de leurs revenus. Une mesure qui, bien que justifiée, reste temporaire : elle s'éteindra dès que le déficit public redescendra sous les 3 % du PIB.

Les amendements ambitieux, comme la suppression de l'impôt sur la fortune immobilière au profit d'une taxation des patrimoines improductifs, ont été purement et simplement abandonnés. Un choix qui interroge, alors que la France peine à réduire ses inégalités.

Les entreprises dans le viseur du gouvernement

Si les particuliers sont peu concernés, les chefs d'entreprise, eux, subissent des mesures plus strictes. Le texte prévoit l'instauration d'une taxe de 20 % sur les holdings patrimoniales dont l'actif dépasse 5 millions d'euros. Une mesure censée lutter contre l'optimisation fiscale, mais qui ne s'appliquera qu'à certains biens « somptuaires » : voitures de luxe, yachts, chevaux de course, résidences secondaires…

Les œuvres d'art, elles, sont épargnées, une exception qui laisse perplexe. « Pourquoi protéger certains actifs tout en taxant d'autres ? » s'interrogent les experts. Le gouvernement justifie cette distinction par la nécessité de préserver la « sécurité juridique » des acteurs économiques, mais l'opposition y voit une nouvelle preuve de complaisance envers les plus fortunés.

Un budget sous surveillance constitutionnelle

Ces mesures, jugées sensibles, ont été soumises au Conseil constitutionnel par le Premier ministre lui-même. Une précaution qui témoigne des tensions autour de ce texte.

« Nous devons garantir une fiscalité juste, tout en évitant les effets pervers d'une taxation excessive »,
a déclaré Sébastien Lecornu, sans convaincre une partie de la gauche, qui dénonce un budget « au service des riches ».

Alors que la France fait face à une crise des finances publiques et à une crise agricole persistante, ce budget 2026 apparaît comme un compromis timide, loin des réformes structurelles attendues.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (5)

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Alain27

il y a 2 semaines

Moi ce qui me gonfle, c'est qu'on nous parle toujours de 'solidarité' mais en vrai, c'est tjrs les mêmes qui trinquent. Genre moi, je suis auto-entrepreneur et du coup, je vais encore me faire taxer plus...

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B

Bréhat

il y a 2 semaines

Ah bah tiens, encore un budget qui fait semblant de changer les choses. Dans 5 ans, on en reparlera... et rien n'aura bougé. Bref, voilà quoi.

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F

FXR_569

il y a 2 semaines

Cette taxe sur les holdings est une mesure symbolique. Le vrai problème reste l'évasion fiscale des multinationales, qui continue d'être ignorée. On voit mal comment ça va rapporter grand-chose...

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L

Le Chroniqueur

il y a 2 semaines

@fxr-569 Exactement ! Et du coup, qui va payer la note ? Les PME et les travailleurs ??? Franchement, c'est toujours la même rengaine... @hgw-304 T'es pas le seul à être en colère, crois-moi !

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H

HGW_304

il y a 2 semaines

Nooooon mais sérieux ??? Les riches encore épargnés ??? Et nous on va morfler ??? Ptdr...

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