Un budget 2026 timide pour les particuliers
Adoptée le 2 février, la loi de finances pour 2026 déçoit les observateurs. Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a finalement renoncé à geler le barème de l'impôt sur le revenu, une mesure qui aurait pourtant permis de soulager les ménages modestes. Les tranches d'imposition seront donc revalorisées de 0,9 %, un ajustement largement insuffisant face à l'inflation persistante.
Autre recul notable : la suppression de l'abattement de 10 % sur les pensions de retraite, pourtant promise par certains amendements, n'a pas été retenue. Une décision qui laisse les retraités dans l'incertitude, alors que le pouvoir d'achat des seniors est déjà fortement érodé.
La taxe sur les hauts revenus maintenue, mais pour combien de temps ?
Seule mesure symbolique : la reconduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus, instaurée en 2025. Cette taxe, qui cible les contribuables gagnant plus de 250 000 euros par an (500 000 euros pour un couple), vise à garantir un prélèvement minimal de 20 % de leurs revenus. Une mesure qui, bien que justifiée, reste temporaire : elle s'éteindra dès que le déficit public redescendra sous les 3 % du PIB.
Les amendements ambitieux, comme la suppression de l'impôt sur la fortune immobilière au profit d'une taxation des patrimoines improductifs, ont été purement et simplement abandonnés. Un choix qui interroge, alors que la France peine à réduire ses inégalités.
Les entreprises dans le viseur du gouvernement
Si les particuliers sont peu concernés, les chefs d'entreprise, eux, subissent des mesures plus strictes. Le texte prévoit l'instauration d'une taxe de 20 % sur les holdings patrimoniales dont l'actif dépasse 5 millions d'euros. Une mesure censée lutter contre l'optimisation fiscale, mais qui ne s'appliquera qu'à certains biens « somptuaires » : voitures de luxe, yachts, chevaux de course, résidences secondaires…
Les œuvres d'art, elles, sont épargnées, une exception qui laisse perplexe. « Pourquoi protéger certains actifs tout en taxant d'autres ? » s'interrogent les experts. Le gouvernement justifie cette distinction par la nécessité de préserver la « sécurité juridique » des acteurs économiques, mais l'opposition y voit une nouvelle preuve de complaisance envers les plus fortunés.
Un budget sous surveillance constitutionnelle
Ces mesures, jugées sensibles, ont été soumises au Conseil constitutionnel par le Premier ministre lui-même. Une précaution qui témoigne des tensions autour de ce texte.
« Nous devons garantir une fiscalité juste, tout en évitant les effets pervers d'une taxation excessive »,a déclaré Sébastien Lecornu, sans convaincre une partie de la gauche, qui dénonce un budget « au service des riches ».
Alors que la France fait face à une crise des finances publiques et à une crise agricole persistante, ce budget 2026 apparaît comme un compromis timide, loin des réformes structurelles attendues.