Une élection municipale sous tension
À un mois du premier tour des municipales, Cayenne, capitale de la Guyane, se prépare à un scrutin explosif. Cinq candidats sont en lice, mais l'attention se concentre sur un duel historique entre deux figures de la gauche guyanaise : Sandra Trochimara, maire sortante, et Marie-Laure Phinéra-Horth, sénatrice et ancienne édile.
Un clivage idéologique et personnel
Les deux femmes, cofondatrices en 2016 du parti Nouvelle force de Guyane (NFG), ont vu leur alliance se briser ces dernières années. Mme Phinéra-Horth, qui a dirigé la ville de 2010 à 2020, accuse son ancienne alliée d'avoir échoué à concrétiser les projets initiés en 2020. « Cayenne est morte aujourd'hui », a-t-elle déclaré dans la presse locale, dénonçant un manque de modernisation.
Un conflit politique aux relents clientélistes
La scission au sein du conseil municipal, survenue en février 2025, a exacerbé les tensions. Treize conseillers et adjoints fidèles à Mme Phinéra-Horth ont été privés de leurs délégations, leurs indemnités étant redistribuées aux soutiens de Mme Trochimara. Un rapport municipal consulté par nos soins évoque une « valorisation de l'engagement », tandis que la sénatrice parle de clientélisme politique.
Un passé judiciaire qui pèse sur la campagne
Mme Phinéra-Horth, condamnée en décembre 2025 à deux ans de prison avec sursis pour recel de biens publics, voit son éligibilité suspendue. Son appel lui permet toutefois de se présenter. Mme Trochimara, elle, évite les polémiques, laissant planer l'ombre de ce contentieux judiciaire sur sa rivale.
Un contexte national qui influence la Guyane
Dans un contexte marqué par la crise de la démocratie locale et les tensions au sein de la majorité présidentielle, ce scrutin guyanais prend une dimension symbolique. La Guyane, territoire d'outre-mer souvent négligé par Paris, pourrait servir de laboratoire pour les stratégies politiques de 2027. Le gouvernement Lecornu II, confronté à des défis économiques et sécuritaires, observe de près ces élections, où la gauche se déchire entre réformisme et radicalité.
Un enjeu de représentation et de légitimité
Au-delà des clivages locaux, cette élection interroge sur la capacité des élus ultramarins à incarner une alternative crédible face aux défis nationaux. La Guyane, souvent perçue comme un territoire marginalisé, pourrait devenir un symbole de la revitalisation démocratique si les candidats parviennent à dépasser leurs divisions.