RN : Le clash Le Pen-Bardella s’aggrave, le parti se radicalise avant 2027

Par Anachronisme 07/09/2026 à 21:01
RN : Le clash Le Pen-Bardella s’aggrave, le parti se radicalise avant 2027

Marine Le Pen reprend le contrôle total du RN en marginalisant Jordan Bardella et imposant son clan familial. Le parti se radicalise avant 2027, tandis que la gauche cherche désespérément un sauveur en la personne de François Hollande.

Marine Le Pen muscle son pouvoir au RN : la stratégie du clan familial s’impose

Le Rassemblement National est désormais sous le contrôle total de Marine Le Pen, qui a lancé une offensive brutale pour marginaliser son dauphin Jordan Bardella. Ce lundi 7 septembre 2026, la candidate déclarée à la présidentielle de 2027 a resserré son emprise en licenciant des cadres modérés, en réécrivant le programme dans un sens radical, et surtout en plaçant sa famille au cœur du dispositif. Une opération qui sent le népotisme, mais qui rappelle une évidence : « Au RN, seule compte la marque Le Pen », aurait-elle confié lors d’une réunion interne, citant son père Jean-Marie.

Dès la semaine dernière, Marine Le Pen a écarté François Durvye, conseiller spécial de Bardella et homme d’affaires jugé trop libéral par l’aile historique du parti. Accusé de vouloir « dénaturer » le RN, il a été limogé avec fracas, marquant la fin de l’influence des modernisateurs. Puis la présidente du groupe RN à l’Assemblée a réinstallé son cercle le plus proche : son beau-frère Philippe Olivier, artisan de la stratégie lepéniste des années 1990, sa fille Nolwenn Olivier, et surtout sa nièce Marion Maréchal, figure montante de l’aile traditionaliste. Une opération qui sent le népotisme assumé, mais qui rappelle une évidence : « Le RN doit rester une famille soudée », a-t-elle déclaré ce week-end à Hénin-Beaumont, en avertissant : « Ceux qui veulent en sortir doivent partir. »

Cette centralisation du pouvoir s’accompagne d’un virage idéologique radical. Marine Le Pen a ressuscité des propositions enterrées par Bardella, comme le retour de l’âge légal de la retraite à 60 ans – une mesure phare du programme historique du FN – ou l’interdiction du port du voile dans l’espace public. Une manière de signifier que le parti ne sera plus dirigé par un jeune loup pressé d’adoucir son image. « Elle ne veut pas d’un Premier ministre Bardella, elle veut un Bardella muet », résume un ancien cadre du parti sous couvert d’anonymat.

Bardella résiste mais son image et ses initiatives lui aliènent le parti

Jordan Bardella, 32 ans, refuse de se contenter du rôle de figurant. Pourtant, ses initiatives récentes confirment son affaiblissement croissant. Vendredi 5 septembre, lors d’un déplacement à Birmingham aux côtés du Brexiter Nigel Farage, il a surpris par une annonce choc : accueillir en France les migrants sans-papiers renvoyés par Londres, avant de les expulser. Une provocation qui a déclenché une polémique immédiate, y compris au sein du RN, où certains élus dénoncent une « dérive populiste » incompatible avec la ligne historique du parti. « Bardella joue les apprentis sorciers », confie un cadre historique du parti.

Plus inquiétant encore pour le président du RN : son image de jeune loup bling-bling. Entre ses escapades estivales à Saint-Tropez, Monaco ou Milan au bras de sa compagne Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, et ses soirées dans les cercles de la jet-set, il s’éloigne de l’image du « candidat du peuple » qu’il cultive. Des élus lepénistes murmurent désormais : « Il finira par nous coûter des voix ». Une critique que Marine Le Pen utilise habilement pour justifier son retour en force. Selon des sources internes, certains cadres du RN évoquent même un scénario à l’italienne : une division entre une aile radicale, incarnée par Le Pen et Marion Maréchal, et une frange plus modérée prête à suivre Bardella. « Si la rupture éclate, le RN perdra des points dans les sondages et donnera des idées aux Républicains », prévient un analyste politique.

Les dernières déclarations de Marine Le Pen confirment cette volonté de reprise en main. Interrogée sur les tensions avec Bardella, elle a lancé :

« Le RN est une famille, et les familles ont besoin de cohésion. Ceux qui veulent en sortir doivent partir. »

Un message qui sonne comme un avertissement : la candidate prépare déjà l’après-2027, même si elle doit sacrifier son dauphin pour conserver le pouvoir. Pour preuve, Marine Le Pen n’a pas daigné commenter l’annonce de Bardella à Birmingham, alors que cette initiative a provoqué une polémique immédiate au sein du parti.

Un clash qui révèle une crise existentielle pour le RN

Ce règlement de comptes interne révèle une crise existentielle pour le parti. D’un côté, Marine Le Pen incarne la radicalité historique, celle qui a fait le FN puis le RN, avec son cortège de mesures choc et son refus de toute compromission. De l’autre, Bardella représentait une tentative de modernisation, une volonté de séduire au-delà des frontières traditionnelles de l’électorat lepéniste. « Le RN doit choisir : rester un parti de niche ou devenir une force nationale », analyse un politologue. Pourtant, les chiffres montrent que la stratégie radicale pourrait payer électoralement.

Selon le dernier sondage IFOP publié ce week-end, Marine Le Pen caracole en tête avec 28 % des intentions de vote, devant le Premier ministre Sébastien Lecornu (18 %) et un François Hollande à 12 %. Une performance qui contraste avec les 13,5 % obtenus en 2022 par Éric Zemmour, symbole d’une droite extrême divisée. « La radicalité paie en Europe », rappelle un diplomate, citant les succès récents de l’AfD en Allemagne (28 % dans le Brandebourg) ou de Vox en Espagne. Le RN, lui, mise sur cette dynamique pour 2027.

Interrogée sur cette stratégie, Marine Le Pen a répondu ce week-end :

« La France n’a pas besoin de duplicité. Elle a besoin de clarté. »

Un message clair : le RN de 2027 sera celui de 1986, pas celui de 2022. Pourtant, le risque est grand. Les divisions internes pourraient affaiblir le parti face à une gauche en lambeaux et à une droite classique en recomposition. « Si Bardella part, il emportera avec lui une partie de l’électorat jeune et modéré », avertit un cadre du RN. Une fuite qui pourrait coûter cher en voix.

Les tensions entre Le Pen et Bardella prennent une dimension européenne, alors que la candidate mise sur une alliance avec Giorgia Meloni pour peser sur les décisions de l’UE. Mais la stratégie de la présidente du RN se heurte à une réalité : Marion Maréchal, figure montante du parti, défend une ligne encore plus dure, prônant une rupture nette avec les institutions européennes. « Le RN doit choisir : la respectabilité ou la radicalité », résume un eurodéputé français. Une question qui divise aussi les sympathisants, entre ceux qui veulent un parti « dédiabolisé » et ceux qui rejettent toute compromission.

François Hollande, l’ombre qui plane sur une gauche en pleine décomposition

Pendant que le RN s’autodétruit méthodiquement, la gauche française cherche désespérément un sauveur. Et si la solution venait de l’ancien président François Hollande, 72 ans ? Depuis quelques semaines, l’hypothèse d’une candidature en 2027 gagne du terrain, portée par une partie de la presse et des figures socialistes en quête d’un leader fédérateur.

Hollande incarne une gauche modérée, pro-européenne et réformiste, un profil qui pourrait séduire au-delà des clivages traditionnels. Mais le défi est de taille : comment un homme dont le quinquennat (2012-2017) reste associé à un bilan économique critiqué et à une impopularité record pourrait-il rassembler ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu a d’ailleurs évoqué l’idée d’une « recomposition politique » lors d’un entretien récent, sans pour autant nommer Hollande. Une manière de reconnaître que la gauche, fragmentée entre insoumis, écologistes et socialistes, a besoin d’un électrochoc.

Pourtant, les obstacles sont nombreux. D’abord, l’hostilité de Jean-Luc Mélenchon, qui voit en Hollande un symbole du « social-libéralisme » honni. Ensuite, la question de la crédibilité : un candidat qui n’a pas été réélu en 2017, et dont le parti (le PS) est en pleine déliquescence, pourrait-il incarner l’alternative ? Enfin, le projet fédéraliste européen de Hollande – qu’il défend avec ferveur – pourrait-il servir de ciment ? Certains y voient une chance de relancer l’idée d’une Europe sociale, mais d’autres craignent une division accrue avec les souverainistes de gauche.

Interrogé ce matin sur France Inter, l’ancien président a refusé de confirmer ou d’infirmer une candidature, se contentant d’affirmer :

« La France a besoin d’unité, et je suis prêt à servir mon pays si on me le demande. »

Un message volontairement ambigu, qui laisse planer le doute tout en maintenant la pression sur ses rivaux. « Il ne dira rien tant que le suspense lui profite », analyse un politologue. Pourtant, certains observateurs notent un changement de ton chez Hollande : ses discours récents évoquent davantage la « responsabilité » que l’ambition, comme s’il préparait le terrain à une entrée en campagne tardive.

Le dernier sondage IFOP donne Hollande à 12 % des intentions de vote, loin derrière Marine Le Pen (28 %) et Lecornu (18 %). Mais dans un contexte où la gauche radicale stagne, une candidature Hollande pourrait-elle être perçue comme une provocation ? Ou, au contraire, comme la seule chance de barrer la route à l’extrême droite ? « Hollande, c’est comme sortir un vin vieux pour masquer que la cave est vide », ironise un cadre du Parti Socialiste.

Procès et drames : la justice sous le feu des projecteurs

Aramburu : sept ans après, l’ombre des règlements de comptes persiste

Sept ans après le meurtre de l’ancien rugbyman Federico Aramburu, retrouvé dans des conditions atroces, son procès s’ouvre aujourd’hui à Paris. L’affaire, qui avait secoué la France entière, reste marquée par des zones d’ombre : rumeurs de règlements de comptes liés au milieu sportif, témoignages contradictoires, et une enquête policière critiquée pour ses lenteurs. Les avocats des parties civiles espèrent enfin obtenir des réponses. « La vérité doit éclater, même si elle est cruelle », a déclaré Me Isabelle Coutant-Peyre, qui représente la famille d’Aramburu.

Un détail pourrait relancer l’affaire : un témoin affirmant avoir vu l’un des accusés en compagnie d’un notable local le soir du meurtre. Ce procès intervient dans un contexte où les violences liées au milieu sportif, notamment dans le rugby, font l’objet d’une attention accrue. Selon un rapport de la préfecture de police, le nombre d’affaires de corruption et de trafics liés au sport a augmenté de 30 % depuis 2020, reflétant une porosité croissante entre les milieux criminels et les fédérations.

Affaire Pelicot : le Royaume-Uni face au même miroir

Trois ans après le scandale qui avait ébranlé la France, une affaire similaire secoue aujourd’hui le Royaume-Uni. Une femme victime de violences conjugales a été retrouvée morte après des années de maltraitance, alors que les services sociaux avaient été alertés à plusieurs reprises. « Comment est-ce possible ? », s’interroge la presse britannique, sous le choc.

Cette répétition des drames interroge : les systèmes judiciaires et sociaux sont-ils à la hauteur face à ces violences systémiques ? En France, malgré les avancées législatives (comme la loi Schiappa de 2018), les associations féministes dénoncent un manque criant de moyens. Marine Brocas, porte-parole du Collectif Féministe Contre le Viol, rappelle que « 40 % des femmes victimes de violences conjugales ne portent pas plainte, par peur ou par manque de confiance dans les institutions ». Le procès des meurtriers d’Aramburu, et les dysfonctionnements qu’il pourrait révéler, pourraient relancer le débat sur la protection des victimes en France.

Au Royaume-Uni, le scandale a déjà provoqué la démission de deux hauts fonctionnaires et le lancement d’une enquête parlementaire. « Nous avons échoué à protéger les victimes », a reconnu la ministre britannique de l’Intérieur. Une déclaration qui résonne avec les critiques adressées à la justice française, où les délais de traitement des affaires de violences conjugales restent parmi les plus longs d’Europe.

L’internationale de l’extrême droite : radicalité vs. respectabilité

Alors que Marine Le Pen resserre son étau sur le RN, le parti reste sous le feu des projecteurs en Europe, où l’extrême droite multiplie les succès électoraux. La récente victoire historique de l’AfD en Allemagne, où le parti a remporté 28 % des voix lors des législatives régionales de Brandebourg, a ravivé les craintes d’une union des droites radicales en Europe. « Le RN ne peut plus ignorer cette dynamique », analyse un diplomate français. Pourtant, les divisions internes du parti français pourraient affaiblir son influence au Parlement européen, où il espérait jouer un rôle clé dans la future législature.

Face à cette situation, Marine Le Pen semble avoir fait son choix : la radicalité avant tout. Une stratégie risquée, alors que l’extrême droite européenne progresse, mais qui pourrait aussi lui permettre de mobiliser son électorat traditionnel en vue de 2027. « En Europe, la radicalité paie », rappelle un analyste, citant les succès de l’AfD en Allemagne ou de Vox en Espagne. Pour le RN, le défi est double : séduire un électorat modéré tout en ne perdant pas sa base radicale.

Interrogée sur cette stratégie, Marine Le Pen a répondu ce week-end :

« La France n’a pas besoin de duplicité. Elle a besoin de clarté. »

Un message clair : le RN de 2027 sera celui de 1986, pas celui de 2022.

Cette radicalisation s’accompagne aussi de tensions sur la scène européenne. Marine Le Pen mise sur une collaboration avec Giorgia Meloni, tandis que Marion Maréchal et une partie de l’aile dure du RN prônent un rapprochement avec des figures comme Nigel Farage, plus ouvertement anti-UE. « Ces alliances divisent plus qu’elles ne renforcent », estime un député européen français. Cette divergence stratégique ajoute une nouvelle couche de tension au sein du parti, où les lignes idéologiques se durcissent à l’approche de 2027.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

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Commentaires (11)

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Megève

il y a 1 mois

Pourquoi personne ne parle de la pression que ça met sur la justice ? Le RN qui fait tout pour éviter les procès, la gauche qui attend son sauveur... Au final, qui paie ? Les Français, bien sûr. Comme d’hab.

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P

Patrick du 67

il y a 1 mois

Et vous trouvez ça normal que des gens qui se disent démocrates (enfin, si on peut dire) jouent aux chaises musicales avec le pouvoir ?!

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M

Mortimer

il y a 1 mois

Ce qui est frappant, c'est que cette crise au RN coïncide avec une montée des affaires judiciaires autour du parti. Coïncidence ? Je vous laisse juge. (Spoiler : non.)

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N

Nausicaa

il y a 1 mois

mdr la gauche qui compte sur Hollande après son échec cuisant en 2017... Franchement, ils ont pas d’autres candidats ? Ou alors ils visent direct la place en maison de retraite politique ?

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C

Crépuscule

il y a 1 mois

La politique française, c’est comme un bon vieux fromage qui pue : ça se dégrade de plus en plus, mais tout le monde continue à en manger. Comme d’hab.

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Ploumanach

il y a 1 mois

Stratégie de communication évidente : Le Pen mise sur la peur de l’inconnu (Bardella) pour garder son pouvoir. Mais en face, Hollande qui sort de sa retraite comme un vieux fantôme... Bref, du grand spectacle politique. Et nous, on est les pigeons.

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Nocturne

il y a 1 mois

Le Pen a peur de perdre son strapontin. Bardella, c'est son héritier désigné, mais elle préfère encore tout casser plutôt que de partager. Pathétique.

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Ben_440

il y a 1 mois

Ce qui est intéressant, c'est que cette crise interne au RN rappelle étrangement les tensions entre Sarkozy et Copé en 2012. Même schéma : un leader historique qui ne lâche pas les rênes malgré un contexte défavorable. Sauf qu'à l'époque, ça avait fini en divorce. Reste à voir si cette fois, c'est Bardella qui va claquer la porte.

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Hugo83

il y a 1 mois

@ben-440 Tu compares Sarkozy et Le Pen ? Sérieux, t’as pas honte ? Sarkozy était un président élu, Le Pen c’est une extrémiste qui veut détruire la démocratie. Pas du tout la même échelle.

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C

Chimère

il y a 1 mois

@hugo83 T’as raison sur le fond, désolée. Mais la comparaison Sarkozy/Le Pen reste valable sur la mécanique de pouvoir. Après, oui, les enjeux sont différents. Le problème, c’est que les deux utilisent les mêmes méthodes douteuses pour garder leur position.

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Ophélie

il y a 1 mois

Non mais SERIEUX ??? Marine qui étouffe Bardella maintenant ??? Comme si c'était pas déjà assez pathétique... On a l'impression de regarder une saison 2 de 'Dynastie' mais en pire. ptdr

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