RN : Marine Le Pen étrangle Jordan Bardella pour garder le contrôle, mais la stratégie divise le parti

Par Anachronisme 07/09/2026 à 12:01
RN : Marine Le Pen étrangle Jordan Bardella pour garder le contrôle, mais la stratégie divise le parti

Marine Le Pen étrangle Jordan Bardella pour garder le contrôle du RN, tandis que François Hollande plane sur une gauche en miettes. Entre népotisme, dérive bling-bling et divisions, la présidentielle 2027 s'annonce explosive.

Marine Le Pen contre-attaque : le RN entre guerre des egos et rébellion interne

Ce qui devait être une transition en douceur vers Jordan Bardella tourne au règlement de comptes au Rassemblement National. Marine Le Pen, candidate déclarée à la présidentielle de 2027, a décidé de reprendre en main son parti en écartant méthodiquement son jeune protégé de sa propre ligne politique. Son objectif ? Éviter que Bardella ne s’émancipe trop tôt de l’héritage familial et ne dilue l’identité radicale du RN dans une prétendue « modernisation ».

Dès la semaine dernière, la présidente du groupe RN à l’Assemblée a limogé François Durvye, conseiller spécial de Bardella et homme d’affaires controversé, accusé de vouloir « dénaturer » le parti. Puis elle a réinstallé son clan familial au cœur du dispositif : son beau-frère Philippe Olivier, artisan historique de la stratégie lepéniste, sa fille Nolwenn Olivier, et même sa nièce Marion Maréchal, figure montante de l’aile traditionaliste. « Au RN, seule compte la marque Le Pen », aurait-elle rappelé lors d’une réunion interne, citant son père Jean-Marie. Une stratégie qui sent le népotisme à plein nez, mais qui vise à verrouiller un parti où les dissidences se multiplient.

Jordan Bardella, 32 ans, tente de résister à cette mainmise. Mais ses initiatives récentes confirment son affaiblissement. Vendredi 5 septembre, lors d’un déplacement à Birmingham aux côtés de Nigel Farage, il a surpris par une promesse choc : accueillir en France les migrants sans-papiers renvoyés par Londres, avant de les expulser. Une provocation qui a déclenché une polémique immédiate, y compris au sein du RN, où certains élus dénoncent une « dérive populiste » incompatible avec la ligne de Le Pen. « Bardella joue les apprentis sorciers », confie un cadre historique du parti sous couvert d’anonymat. Marine Le Pen, elle, garde le silence – signe que le divorce n’est pas encore consommé, mais que la candidate ne veut plus partager la vedette.

Plus inquiétant pour Bardella : son image de jeune loup bling-bling. Entre ses pérégrinations estivales à Saint-Tropez, Monaco ou Milan au bras de sa compagne, la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, et ses soirées dans les cercles de la jet-set, le président du RN s’éloigne de l’image du « candidat du peuple » qu’il cultive. Des élus lepénistes murmurent : « Il finira par nous coûter des voix ». Une critique que Marine Le Pen a déjà entendue… et qu’elle utilise pour justifier son retour en force. D’autant que Bardella, malgré ses postures médiatisées, n’a plus accès aux postes clés du parti : selon des sources internes, Marine Le Pen a d’ores et déjà exclu de lui confier un rôle majeur en cas de victoire, comme celui de Premier ministre.

La candidate mise sur une stratégie de dévitalisation contrôlée : garder Bardella comme faire-valoir médiatique, utile pour séduire un électorat jeune et urbain, tout en verrouillant le programme et l’appareil du RN. « On a besoin de lui pour la campagne, mais pas pour gouverner », résume un proche du dossier. Cette tactique rappelle celle qu’avait employée Jean-Marie Le Pen dans les années 1990, où il maintenait Bruno Mégret à ses côtés avant de l’écarter brutalement. La différence ? Bardella, lui, n’a pas encore les réseaux nécessaires pour organiser une scission crédible.

Pourtant, les tensions internes s’aiguisent. Un cadre du RN, sous anonymat, évoque un scénario à l’italienne : une division entre une aile radicale, incarnée par Le Pen et Marion Maréchal, et une frange plus modérée, prête à suivre Bardella. « Si la rupture éclate, le RN perdra des points dans les sondages et donnera des idées aux Républicains », prévient un analyste politique. Une division qui, en pleine montée des extrêmes en Europe, pourrait affaiblir la dynamique du parti.

François Hollande, l’ombre qui plane sur la gauche divisée

Pendant que le RN s’autodétruit, la gauche française cherche désespérément un sauveur. Et si la solution venait de l’ancien président François Hollande ? Depuis quelques semaines, l’hypothèse d’une candidature en 2027 gagne du terrain, portée par une partie de la presse et des figures socialistes en quête d’un leader fédérateur.

Hollande, 72 ans, incarne une gauche modérée, pro-européenne et réformiste, un profil qui pourrait séduire au-delà des clivages traditionnels. Mais le défi est de taille : comment un homme dont le quinquennat (2012-2017) reste associé à un bilan économique critiqué et à une impopularité record pourrait-il rassembler ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu a d’ailleurs évoqué l’idée d’une « recomposition politique » lors d’un entretien récent, sans pour autant nommer Hollande. Une manière de reconnaître que la gauche, fragmentée entre insoumis, écologistes et socialistes, a besoin d’un électrochoc.

Pourtant, les obstacles sont nombreux. D’abord, l’hostilité de Jean-Luc Mélenchon, qui voit en Hollande un symbole du « social-libéralisme » honni. Ensuite, la question de la crédibilité : un candidat qui n’a pas été réélu en 2017, et dont le parti (le PS) est en pleine déliquescence, pourrait-il incarner l’alternative ? Enfin, le projet fédéraliste européen de Hollande – qu’il défend avec ferveur – pourrait-il servir de ciment ? Certains y voient une chance de relancer l’idée d’une Europe sociale, mais d’autres craignent une division accrue avec les souverainistes de gauche.

Le dernier sondage IFOP publié ce week-end donne Hollande à 12 % des intentions de vote, loin derrière Marine Le Pen (28 %) et Sébastien Lecornu (18 %). Mais dans un contexte où la gauche radicale progresse, une candidature Hollande pourrait-il être perçue comme une provocation ? Ou, au contraire, comme la seule chance de barrer la route à l’extrême droite ? « Une candidature Hollande, c’est comme sortir un vieux vin pour masquer que la cave est vide », ironise un cadre du Parti Socialiste. Reste une inconnue : Hollande lui-même, qui multiplie les prises de parole depuis son départ de l’Élysée, défendant l’idée d’un « New Deal écologique et social » mêlant relance industrielle et transition verte.

La « TV sociale », entre révolution démocratique et danger populiste

Et si la télévision devenait le nouveau terrain de la démocratie participative ? L’idée, encore floue mais de plus en plus portée par des élus de tous bords, fait son chemin : permettre aux citoyens de voter en direct sur des sujets d’actualité via des plateformes interactives. La « TV sociale », comme on l’appelle déjà, promet de relancer l’intérêt des Français pour la politique en les transformant en acteurs, pas en spectateurs.

Ce concept, soutenu par des personnalités comme le député écologiste Yannick Jadot ou l’eurodéputée Renaissance Valérie Hayer, séduit par son côté innovant. « Les Français veulent être consultés, pas infantilisés », plaide un membre de la commission des Lois à l’Assemblée. Mais les critiques fusent. Une partie de la majorité présidentielle, à commencer par Roland Lescure, ministre de l’Économie, y voit une « dérive dangereuse » : « On ne peut pas gouverner à coups de sondages en temps réel. La démocratie, c’est aussi de la pédagogie et de la prise de risque », a-t-il lancé lors d’un débat à l’Assemblée.

Les sceptiques mettent en garde contre un autre risque : celui d’une démocratie d’opinion, où les décisions seraient dictées par les fluctuations des réseaux sociaux. D’autant que les algorithmes des plateformes favorisent souvent les contenus les plus clivants. La France n’est pas un cas isolé : en Allemagne, des expériences similaires ont déjà montré leurs limites, avec des débats en ligne qui dégénèrent en insultes et en fake news. « La TV sociale pourrait devenir le théâtre d’une nouvelle forme de populisme », craint un constitutionnaliste.

Pour ses défenseurs, elle pourrait cependant être un outil de transparence. « Imaginez : un débat sur la réforme des retraites où les Français pourraient voter en direct sur des amendements précis », imagine un conseiller de Jadot. Mais la question reste entière : cette technologie peut-elle sauver la politique, ou ne fera-t-elle que l’exacerber en donnant la parole à tous, y compris aux extrêmes ?

Procès et drames : la justice sous tension

Aramburu : sept ans après, la vérité toujours en suspens

Sept ans après le meurtre de l’ancien rugbyman Federico Aramburu, dont le corps avait été retrouvé dans des conditions atroces, le procès de ses assassins s’ouvre aujourd’hui. L’affaire, qui avait secoué la France entière, reste marquée par des zones d’ombre : rumeurs de règlements de comptes liés au milieu sportif, témoignages contradictoires, et une enquête policière critiquée pour ses lenteurs.

Les avocats des parties civiles espèrent enfin obtenir des réponses. « La vérité doit éclater, même si elle est cruelle », a déclaré Me Isabelle Coutant-Peyre, qui représente la famille d’Aramburu. Mais les familles des accusés, comme celles des victimes, restent sous le choc. Pour elles, ce procès est une dernière chance de tourner la page – ou de découvrir une vérité qui pourrait tout changer. Un détail pourrait relancer l’affaire : un témoin affirmant avoir vu l’un des accusés en compagnie d’un notable local le soir du meurtre.

Affaire Pelicot : le Royaume-Uni face au même miroir

Trois ans après le scandale qui avait ébranlé la France, une affaire similaire secoue aujourd’hui le Royaume-Uni. Une femme victime de violences conjugales a été retrouvée morte après des années de maltraitance, alors que les services sociaux avaient été alertés à plusieurs reprises. « Comment est-ce possible ? », s’interroge la presse britannique, sous le choc.

Cette répétition des drames interroge : les systèmes judiciaires et sociaux sont-ils à la hauteur face à ces violences systémiques ? En France, malgré les avancées législatives (comme la loi Schiappa de 2018), les associations féministes dénoncent un manque criant de moyens. Marine Brocas, porte-parole du Collectif Féministe Contre le Viol, rappelle que « 40 % des femmes victimes de violences conjugales ne portent pas plainte, par peur ou par manque de confiance dans les institutions ». Le procès des meurtriers d’Aramburu, et les dysfonctionnements qu’il pourrait révéler, pourraient relancer le débat sur la protection des victimes en France.

Société : entre innovations et fractures

Drogue : les trafiquants redoublent d’ingéniosité

Les forces de l’ordre le confirment : les réseaux de trafic de stupéfiants innovent sans cesse pour contourner les contrôles. En 2026, les caches les plus sophistiquées pullulent : faux murs dans les logements, colis postaux insoupçonnables, et même l’utilisation de drones pour transporter de la drogue. « Les trafiquants exploitent toutes les failles, y compris celles des nouvelles technologies », explique un commissaire de police parisien.

Face à cette menace grandissante, le gouvernement a annoncé un plan d’urgence alliant renforcement des effectifs et coopération internationale. Selon les dernières estimations, les saisies de stupéfiants ont bondi de 40 % en un an, mais les prix de vente au détail n’ont pas baissé, signe que l’offre s’adapte. « On combat les effets, pas les causes », dénoncent les associations, qui réclament une légalisation contrôlée du cannabis comme piste de solution. Une idée qui, jusqu’ici, reste taboue dans les rangs de la majorité présidentielle.

Biodiversité : la liste des animaux « nuisibles » sous le feu des critiques

Chaque année, le ministère de la Transition écologique publie une liste d’espèces considérées comme « nuisibles », autorisant leur destruction. Mais cette année, la polémique est plus vive que jamais. Le renard, le corbeau freux, le sanglier… Ces animaux, dont les scientifiques rappellent le rôle clé dans les écosystèmes, sont désormais dans le collimateur des chasseurs et des agriculteurs.

Les écologistes dénoncent une chasse à l’espèce au nom d’intérêts économiques à court terme. « On détruit l’équilibre naturel pour protéger quelques hectares de culture », s’insurge le biologiste Pierre Athanaze, basé en Auvergne. La France, signataire de l’Accord de Paris et de la Stratégie européenne pour la biodiversité, se retrouve une fois de plus au cœur d’une contradiction entre ses engagements et ses pratiques. Selon une étude de l’INRAE, la destruction systématique de ces espèces coûte plus cher aux agriculteurs qu’elle ne leur rapporte.

International : l’Europe en ébullition

Ukraine : l’escalade se poursuit malgré le soutien occidental

Le Kremlin a une fois de plus montré sa détermination à poursuivre la guerre en Ukraine. Un drone russe a frappé le siège des services de sécurité ukrainiens à Kiev, faisant plusieurs blessés. Cette attaque, qui intervient après des mois de frappes ciblées sur les infrastructures civiles, confirme l’escalade de la violence dans le conflit.

La France, aux côtés de ses partenaires européens, a réaffirmé son soutien à l’Ukraine. Mais les divisions persistent au sein de l’Union sur la question des livraisons d’armes. « L’Europe doit parler d’une seule voix », a rappelé un haut fonctionnaire de l’UE, alors que la Hongrie et la Biélorussia multiplient les gestes d’apaisement envers Moscou. Emmanuel Macron, qui a récemment évoqué une « mobilisation européenne », tente de jouer les médiateurs – mais le temps presse. Selon des fuites diplomatiques, la France envisagerait de livrer des missiles SCALP à longue portée, une décision qui diviserait encore les Européens.

Allemagne : l’AfD aux portes du pouvoir

Alors que l’Allemagne se prépare à des élections régionales cruciales, les sondages donnent une avance historique à l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite. Une victoire de l’AfD dans l’un des Länder pourrait marquer un tournant dans la politique allemande, où la chancelière a jusqu’ici réussi à contenir la montée des populistes.

Cette poussée s’inscrit dans un contexte plus large de montée des nationalismes en Europe, avec des répercussions potentielles sur les relations franco-allemandes et la cohésion de l’UE. Emmanuel Macron a d’ailleurs appelé à une « mobilisation européenne » pour contrer cette dynamique, sans pour autant proposer de mesures concrètes. Selon un rapport du Bundestag, l’AfD a triplé ses effectifs en cinq ans, passant de 25 000 à plus de 80 000 membres. La question reste entière : l’Europe saura-t-elle résister à cette vague ?

Santé et société : les défis du quotidien

Le sommeil, un luxe de plus en plus inaccessible

Dans une société obsédée par la productivité, le sommeil est souvent relégué au second plan. Pourtant, les études scientifiques sont unanimes : le manque de sommeil coûte 60 milliards d’euros par an à l’économie française et aggrave les risques de dépression, d’obésité ou de maladies cardiovasculaires. Le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation, mais les associations demandent des mesures plus radicales, comme « l’interdiction des écrans dans les chambres d’enfants » ou la généralisation des siestes en entreprise.

Pourtant, face à la pression des réseaux sociaux et des écrans, les Français dorment de moins en moins. Une étude de l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance) révèle que 40 % des adultes souffrent d’insomnie chronique, contre 25 % il y a dix ans. « On a transformé le sommeil en variable d’ajustement », déplore le Dr Sylvie Royant-Parola, présidente de l’INSV. Et si la solution passait par une révolution culturelle ? Certains pays nordiques commencent à intégrer des siestes obligatoires dans les entreprises, une piste que la France pourrait explorer.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (2)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

B

Ben_440

il y a 12 minutes

Ce qui est intéressant, c'est que cette crise interne au RN rappelle étrangement les tensions entre Sarkozy et Copé en 2012. Même schéma : un leader historique qui ne lâche pas les rênes malgré un contexte défavorable. Sauf qu'à l'époque, ça avait fini en divorce. Reste à voir si cette fois, c'est Bardella qui va claquer la porte.

0
O

Ophélie

il y a 30 minutes

Non mais SERIEUX ??? Marine qui étouffe Bardella maintenant ??? Comme si c'était pas déjà assez pathétique... On a l'impression de regarder une saison 2 de 'Dynastie' mais en pire. ptdr

0
Publicité