Une alliance impossible selon Rachida Dati
Dans un entretien accordé à CNews ce jeudi 5 mars, Rachida Dati, candidate LR et MoDem à la mairie de Paris, a catégoriquement exclu toute alliance avec Sarah Knafo, candidate de Reconquête !. « Je ne peux pas faire une alliance avec Madame Knafo, avec Reconquête !. Ça n'est pas possible », a-t-elle déclaré, soulignant l'absence de valeurs communes avec l'extrême droite.
Un rejet ferme de l'extrême droite
L'ancienne ministre de la Culture a vivement critiqué les positions de Sarah Knafo, notamment ses liens avec des partis européens controversés. « Mme Knafo siège au Parlement européen avec l'AfD et des parlementaires européens qui se considèrent comme néonazis », a-t-elle rappelé, évoquant les « dessins animés » de campagne de sa rivale, jugés provocateurs.
Rachida Dati a également dénoncé une stratégie d'alliance qui, selon elle, ne rassemblerait pas mais diviserait davantage la droite. « Il y a des alliances qui vous feront plus perdre que gagner », a-t-elle estimé, craignant de perdre des électeurs au centre droit et dans son propre camp.
L'appel au rassemblement de la droite modérée
La maire du 7e arrondissement a renouvelé son appel à Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons soutenu par Renaissance, pour qu'il se rallie à sa candidature. Selon les sondages, Bournazel est en mesure de se qualifier pour le second tour, ce qui pourrait affaiblir les chances de la droite face à la gauche.
« L'union des droites telle qu'elle est conçue aujourd'hui, c'est une union d'appareils », a-t-elle déclaré, rejetant l'idée d'une alliance avec Reconquête !. Elle a également critiqué la stratégie d'Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche, qui s'allie avec des ex-« insoumis » de L'Après, qualifiant cette union de « sans valeurs communes ».
Un contexte politique tendu à Paris
Alors que les municipales approchent, la droite parisienne se trouve divisée entre modérés et extrême droite. Sarah Knafo, qui recueillerait plus de 10 % des voix au premier tour, a affirmé qu'elle ne se désisterait pas, malgré les appels à l'union. « Je tends la main à Rachida Dati pour battre la gauche », a-t-elle déclaré, sans convaincre sa rivale.
Cette fracture au sein de la droite pourrait profiter à la gauche, déjà bien positionnée dans la capitale. Emmanuel Macron, dont le gouvernement Lecornu II est en place, observe avec attention ces divisions, qui pourraient influencer les stratégies pour les élections de 2027.
Une campagne marquée par les polémiques
La campagne municipale à Paris est marquée par des tensions accrues, reflétant les divisions de la droite nationale. Rachida Dati, en rejetant toute alliance avec Reconquête !, envoie un message clair à son électorat modéré, tout en cherchant à élargir son alliance avec Horizons.
De son côté, Sarah Knafo maintient une ligne dure, refusant de se désister et affirmant vouloir « battre la gauche » coûte que coûte. Cette stratégie pourrait cependant isoler davantage Reconquête !, déjà marginalisé au niveau national.
Un enjeu national pour 2027
Les municipales de 2026 à Paris prennent une dimension stratégique pour les partis en vue des élections de 2027. La droite, divisée entre modérés et extrême droite, risque de perdre des voix face à une gauche unie et déterminée. Rachida Dati, en refusant toute alliance avec Reconquête !, tente de préserver son ancrage au centre droit, tandis que Sarah Knafo joue la carte de la radicalisation.
Cette fracture pourrait avoir des conséquences sur les stratégies des partis pour 2027, alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays face à des crises multiples, notamment la crise de la démocratie locale et la crise des finances publiques.