La candidate écologiste dénonce l'inaction criminelle de l'État face aux violences faites aux enfants
Alors que la France est plongée dans une crise sans précédent touchant la protection de l'enfance, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et figure de proue de l'écologie politique, a lancé un réquisitoire cinglant contre l'État français lors d'une interview matinale sur les ondes publiques. Candidate à l'élection présidentielle de 2027 sous l'étendard de Génération Écologie, elle a choisi de braquer les projecteurs sur les déficiences structurelles de la justice et des services publics, victimes selon elle d'un « manque de moyens calculé » et d'une « organisation défaillante ».
L'affaire Lyhanna, symptôme d'une France qui tourne le dos à ses enfants
Le drame qui secoue le Gers depuis quelques jours, où le corps de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, a été retrouvé sans vie, met en lumière les failles abyssales du système judiciaire français. Le principal suspect, Jérôme Barella, était pourtant connu des autorités pour des signalements multiples concernant des violences sexuelles sur mineures. Pourtant, malgré les alertes, aucune mesure concrète n'a été prise pour protéger les victimes potentielles. Delphine Batho ne mâche pas ses mots :
« On découvre aujourd'hui avec stupeur qu'en France, des enfants sont violés, que les familles portent plainte, que les preuves s'accumulent... et qu'absolument rien n'est fait. Ce n'est pas un dysfonctionnement isolé, c'est un scandale d'État. »
Pour la députée écologiste, cette affaire n'est que la partie émergée d'un iceberg bien plus glaçant : les 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs en souffrance dans les tribunaux français. Un chiffre qui, selon elle, illustre la « démission collective » des pouvoirs publics. « Comment peut-on accepter que des enfants subissent des violences atroces pendant des années sans que personne n'agisse ? », s'indigne-t-elle, avant d'ajouter : « La question n'est plus de savoir s'il faut changer les lois, mais pourquoi celles qui existent ne sont pas appliquées. »
Face à cette crise humanitaire, Delphine Batho exige des mesures « immédiates et exceptionnelles ». Parmi ses propositions phares : la création, dans chaque département, d'une brigade spécialisée dans les affaires de mineurs, dotée de moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux.
« Il faut des enquêteurs formés à l'écoute des enfants, des psychologues, des magistrats dédiés. On ne peut plus se contenter de demi-mesures. »
Une candidature présidentielle pour « sauver l'écologie » et briser les logiques partisanes
Alors que les sondages donnent une gauche divisée et un centre affaibli pour 2027, Delphine Batho assume pleinement son statut de candidate « anti-système ». Investie par Génération Écologie, elle clame haut et fort son ambition : porter une écologie indépendante, libérée des carcans partisans traditionnels.
« Cette candidature, c'est un cri d'alarme. L'écologie ne peut plus être le parent pauvre des débats politiques. Si nous ne sommes pas capables de protéger nos enfants, de garantir un avenir sain à notre planète, à quoi bon voter ? »
Face à la montée des extrêmes et à l'essoufflement des partis historiques, la députée des Deux-Sèvres mise sur une stratégie claire : dénoncer les compromis stériles et proposer des solutions radicales. Un positionnement qui s'adresse aussi bien aux électeurs déçus par la gauche qu'aux citoyens en quête d'alternatives. « La démonstration a été faite : les vieux appareils partisans sont incapables de prendre à bras-le-corps les enjeux vitaux de notre époque. »
Sur le plan environnemental, Delphine Batho martèle que l'urgence climatique ne peut plus attendre. Elle critique ouvertement les propositions de certains de ses adversaires, à l'instar de Marine Tondelier (Les Écologistes), dont le projet de sortie des pesticides à l'horizon 2050 lui semble « une insulte à l'intelligence collective ».
« Sortir les pesticides d'ici 24 ans ? C'est une blague. Pendant ce temps, nos nappes phréatiques sont empoisonnées, nos enfants développent des cancers précoces. On n'a pas 24 ans à perdre. »
Une charge sans précédent contre Mélenchon et la gauche divisée
Si Delphine Batho se positionne clairement à gauche, elle n'hésite pas à fustiger les « travers » de ses alliés potentiels. Jean-Luc Mélenchon, dont elle qualifie la candidature de « tournée d'adieu d'un éternel perdant », est particulièrement visé. Elle lui reproche son « refus du débat démocratique » et son « comportement indigne », citant notamment les polémiques autour de ses propos sur Jeffrey Epstein, lors d'un meeting où il avait mimé avec une ironie glaçante la prononciation du nom du criminel sexuel condamné.
« Quand un homme politique utilise des clichés d'extrême droite pour susciter le rire, c'est qu'il a perdu toute morale. Et le pire, c'est que la salle a ri. Cela en dit long sur l'état de notre démocratie. »
La députée écologiste va plus loin en pointant du doigt « l'antisémitisme larvé » qui, selon elle, imprègne certains discours à gauche. Une attaque directe envers l'un des thèmes récurrents des polémiques autour de la figure de Mélenchon, déjà critiqué pour ses positions ambiguës sur la laïcité et la lutte contre les discriminations. « On ne peut pas construire une société juste en alimentant les divisions. »
Un appel à la mobilisation citoyenne face à l'abandon de l'État
Alors que le gouvernement Sébastien Lecornu continue de vanter ses « réformes structurelles », Delphine Batho appelle à une prise de conscience collective. Pour elle, la crise de la protection de l'enfance n'est qu'un symptôme parmi d'autres d'une France en déliquescence. « L'État a trahi ses missions régaliennes. Il ne protège plus les citoyens, il les abandonne. »
Face à ce constat accablant, elle mise sur une stratégie de mobilisation citoyenne, espérant fédérer au-delà des clivages traditionnels. « L'écologie n'est pas une option, c'est une nécessité. Et cette nécessité doit être portée par une voix indépendante, qui ne se soumet pas aux calculs électoraux. »
Alors que les sondages indiquent une remontée de l'extrême droite et un affaiblissement de la gauche modérée, son discours pourrait bien résonner comme un électrochoc. Mais dans un paysage politique aussi fragmenté, la question reste entière : « La France est-elle encore capable de se réveiller ? »
Une candidate en quête de légitimité face aux géants politiques
Malgré son engagement sans faille, Delphine Batho doit encore convaincre qu'elle peut incarner une alternative crédible. Son parti, Génération Écologie, reste marginal dans le jeu politique, et ses propositions, bien que radicales, peinent à trouver un écho médiatique à la hauteur des enjeux. Pourtant, avec l'affaire Lyhanna et la crise des violences faites aux enfants qui s'installe dans le débat public, son timing pourrait s'avérer parfait. « Les Français ne veulent plus de demi-solutions. Ils veulent des actes. Et aujourd'hui, je suis la seule à leur proposer un plan d'urgence. »
Alors que la campagne pour 2027 s'annonce déjà électrique, une chose est sûre : Delphine Batho ne compte pas laisser le champ libre aux forces du statu quo. Qu'elle parvienne ou non à s'imposer, son discours aura au moins eu le mérite de rappeler une vérité crue : la France est à un tournant.
Et il est peut-être déjà trop tard pour les enfants comme Lyhanna.