Une conférence triée sur le volet pour répondre aux critiques
Jean-Luc Mélenchon a choisi la confrontation médiatique pour répondre aux accusations pesant sur La France insoumise (LFI) et son lien présumé avec la Jeune Garde, un groupuscule antifasciste dissous en 2025. Dans un contexte politique tendu, marqué par la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon, le dirigeant insoumis a convoqué lundi 23 février une conférence de presse restrictive, réservée aux médias alternatifs et aux influenceurs politiques.
Un casting médiatique très sélectif
La conférence s'est tenue à La Fabrique, un lieu situé près du siège de LFI dans le 10e arrondissement de Paris. Les grandes rédactions traditionnelles, dont France Info, l'AFP, TF1, Libération et L'Express, ont été écartées ou ignorées. Une stratégie assumée par Mélenchon, qui dénonce une « presse des 9 milliardaires » et appelle à un « nouveau format de relation » avec les médias.
« Nous ne l'attendons plus de la presse des 9 milliardaires qui possèdent 90 % de ces médias de ce que nous nommons l'officialité médiatique. »
Une défense virulente contre les accusations
Face à une salle composée de créateurs de contenu et d'influenceurs, Mélenchon a fustigé la couverture médiatique de LFI, évoquant des « séances de l'Inquisition ». Il a réaffirmé son soutien à la Jeune Garde, tout en dénonçant une instrumentalisation politique de l'affaire Deranque.
Plusieurs proches du député LFI Raphaël Arnault, interpellés ou mis en examen, sont au cœur des tensions. Mélenchon a insisté sur la nécessité de « concilier respect mutuel et interrogation sans complaisance », tout en rejetant toute responsabilité directe de son mouvement.
Un contexte politique explosif
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays, cette crise médiatique s'inscrit dans un climat de polarisation croissante. La droite et l'extrême droite, emmenées par Marine Le Pen, exploitent l'affaire pour discréditer la gauche, tandis que l'Union européenne observe avec inquiétude les tensions internes.
Dans un pays où la crise des vocations politiques se fait sentir, cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la stratégie des partis en vue des élections de 2027. Mélenchon, en position de force au sein de la gauche, joue un jeu dangereux en défiant ouvertement les médias traditionnels, tout en cherchant à capter l'attention des nouvelles générations.