Un militant infatigable s'éteint à 82 ans
Dominique Bucchini, figure emblématique du Parti communiste français (PCF) et ancien président de l'Assemblée de Corse, est décédé vendredi soir dans sa ville natale de Sartène. À 82 ans, cet homme politique au parcours exceptionnel laisse derrière lui un héritage marqué par son engagement indéfectible pour la Corse et ses convictions de gauche.
Un hommage transpartisan malgré les clivages
Les réactions à son décès ont été nombreuses, dépassant les frontières partisanes. Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse et figure autonomiste, a salué sur les réseaux sociaux "un militant infatigable au service de ses convictions communistes, homme de dialogue et de paix imprégné de culture corse et universelle". Une reconnaissance rare de la part d'un représentant d'une sensibilité politique différente.
Marie-Antoinette Maupertuis, présidente autonomiste de l'Assemblée de Corse, a quant à elle souligné "son engagement pionnier en matière de lutte contre la violence et sa prise de position en faveur de la co-officialité de la langue corse". Un hommage qui met en lumière les combats progressistes menés par Dominique Bucchini tout au long de sa carrière.
Un parcours politique marqué par l'engagement
Né en janvier 1943 à Sartène, Dominique Bucchini a très tôt milité pour le Parti communiste. Enseignant de profession, il fut maire de Sartène de 1977 à 2001. Au début des années 1980, il devient député au sein de la première législature du Parlement européen, contribuant ainsi à façonner les premières politiques européennes.
En 2010, il est élu pour cinq ans à la tête de l'Assemblée de Corse, où il a joué un rôle clé dans la gestion des affaires de l'île. Son mandat a été marqué par une volonté constante de dialogue et de recherche de compromis, des valeurs qui contrastent avec les tensions actuelles qui agitent la vie politique française.
Un héritage politique dans un contexte de crise
Dans un contexte marqué par la crise des vocations politiques et les défis auxquels fait face la démocratie locale, la disparition de Dominique Bucchini soulève des questions sur l'avenir du militantisme politique en France. Son parcours témoigne d'une époque où l'engagement politique était souvent synonyme de dévouement et de service public.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a exprimé sur les réseaux sociaux :
"Dirigeant du PCF, Dominique Bucchini s'en est allé. Nous garderons en mémoire son amour pour la Corse, pour la République, la force de ses convictions et une droiture à toute épreuve. Au revoir camarade."Un message qui résume l'hommage rendu à un homme dont les convictions ont traversé les décennies.
Un symbole de résistance face aux extrêmes
Alors que la France traverse une période de polarisation politique croissante, avec l'émergence de forces populistes et nationalistes, Dominique Bucchini incarne une forme de résistance. Son engagement pour la Corse, allié à ses convictions européennes et progressistes, en fait une figure rare dans le paysage politique actuel.
Jean-Jacques Panunzi, sénateur de Corse-du-Sud apparenté aux Républicains, a également salué la mémoire d'un homme qui "a traversé cinquante ans d'histoire politique de notre île, cinquante ans au cours desquels il a su prendre des positions courageuses". Un témoignage de la reconnaissance unanime dont bénéficie Dominique Bucchini, malgré les clivages politiques.
Un héritage qui dépasse les frontières de la Corse
Au-delà de son engagement local, Dominique Bucchini a marqué l'histoire politique française par son attachement à l'Union européenne et à la défense des valeurs républicaines. Dans un contexte où les tensions internationales s'intensifient, notamment avec la Russie et la Chine, son héritage rappelle l'importance du dialogue et de la coopération.
Son décès intervient alors que le gouvernement Lecornu II tente de naviguer dans un paysage politique fragmenté, marqué par des crises économiques et sociales persistantes. Dans ce contexte, la figure de Dominique Bucchini apparaît comme un rappel des valeurs de solidarité et de justice sociale qui ont souvent été éclipsées par les débats sur la sécurité et l'immigration.
Un dernier combat contre la maladie
Selon Corse Matin, Dominique Bucchini est mort "éreinté par une maladie qui fut son dernier combat". Une mention qui souligne la force de caractère de cet homme, qui a dédié sa vie à la défense de ses idées jusqu'à ses derniers instants.
Alors que la France se prépare pour les échéances électorales de 2027, la disparition de Dominique Bucchini laisse un vide dans le paysage politique. Son héritage rappelle l'importance de l'engagement politique dans un contexte où les défis sont nombreux et les réponses souvent divisées.