Lynchage politique à Lyon : l'historien Jean Garrigues alerte sur une violence inédite en France

Par Renaissance 17/02/2026 à 11:11
Lynchage politique à Lyon : l'historien Jean Garrigues alerte sur une violence inédite en France

Lynchage politique à Lyon : un historien alerte sur une violence inédite en France. Affrontements entre groupuscules, normalisation des discours conflictuels.

Un lynchage politique rare dans l'histoire française

La mort de Quentin Deranque, militant identitaire agressé dans les rues de Lyon, relance le débat sur la montée des violences politiques en France. L'historien Jean Garrigues, invité de La Matinale, analyse cette affaire comme un symptôme d'une brutalisation extrême de la vie politique.

Une violence inédite dans le paysage politique

Pour Jean Garrigues, président de la Commission internationale d'histoire des Assemblées, le cas de Quentin Deranque se distingue par son caractère exceptionnellement violent. Une demi-douzaine de personnes s'acharnant sur une seule, c'est extrêmement rare dans notre histoire politique, souligne-t-il. Bien que les affrontements entre groupuscules d'extrême gauche et d'extrême droite ne soient pas nouveaux, cette forme de lynchage individuel marque une escalade inquiétante.

Un terreau propice à Lyon

Lyon, ville historiquement marquée par des tensions politiques, est devenue un foyer de confrontations entre ultra-gauche et ultra-droite. Garrigues rappelle que ces violences remontent à la fin du XIXe siècle, mais insiste sur la novelty du phénomène actuel. La brutalité exercée sur un individu isolé reste exceptionnelle, souligne-t-il, en référence aux émeutes du 6 février 1934, où 15 personnes avaient trouvé la mort.

Comparaisons internationales et normalisation des discours

La situation française s'inscrit dans un contexte européen plus large. En Allemagne, par exemple, l'extrême droite radicale, représentée par l'AFD, a réussi à absorber des groupuscules violents. En Espagne, un parti d'extrême gauche a également intégré des mouvements radicaux. Garrigues alerte sur la normalisation des discours conflictuels, notamment ceux de la France insoumise, qui pourraient encourager ces violences.

La question de l'encadrement politique

L'historien s'interroge sur l'avenir de ces groupuscules. Finissent-ils par s'intégrer à de grands partis, ou fonctionnent-ils de manière autonome ? Dans les années 1960, des jeunes trotskistes violents avaient rejoint le Parti socialiste, mais cette porosité semble aujourd'hui moins évidente. Du côté du Rassemblement national, des liens ont été établis avec des mouvements radicaux comme les skinheads ou le GUD.

Un climat de tension généralisée

Au-delà des affrontements entre groupuscules, Garrigues souligne une atmosphère générale de tension. Le nombre d'élus molestés ou attaqués, y compris des maires, illustre ce climat conflictuel. Certains discours, comme ceux de la France insoumise, libèrent les pulsions de certaines personnes violentes, ajoute-t-il, en référence à la diffusion d'un discours de conflictualisation.

Un phénomène européen

La France n'est pas un cas isolé. En Allemagne, l'est du pays est devenu un terreau favorable à l'extrême droite et à l'extrême gauche. Récemment, un procès concernait un groupe appelé Antifa Ost, surnommé le groupe aux marteaux, pour ses attaques contre l'extrême droite. Ces phénomènes soulignent une montée des tensions politiques en Europe.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (7)

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Eva13

il y a 3 jours

Ce qui est intéressant, c'est que cette violence s'inscrit dans un contexte de polarisation croissante. Les études montrent que depuis 2017, les discours politiques sont de plus en plus manichéens. Et ça, c'est dangereux. On a vu ce que ça a donné dans d'autres pays...

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Patrick du 67

il y a 3 jours

@eva13 Exactement ! Et les médias en rajoutent une couche avec leurs titres racoleurs. Faut arrêter de jouer avec le feu.

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Corte

il y a 3 jours

Et vous trouvez ça normal ? Des mecs qui se tapent pour des idées. Bref.

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Ironiste patenté 2022

il y a 3 jours

Ptdr les mecs se battent pour des idées qu'ils comprennent même pas... Franchement, ça fait peur ou ça fait rire ??? Jsp.

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Kerlouan

il y a 3 jours

Comme d'hab, on s'énerve pour rien. La politique a tjrs été violente, mais maintenant on a des caméras partout. Du coup ça fait plus de bruit.

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WordSmith

il y a 3 jours

Nooooon mais c'est quoi ce pays ??? On va finir en guerre civile genre... Sa devient grave là !!!

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Reporter citoyen

il y a 3 jours

@wordsmith Franchement, c'est inquiétant... Mais faut pas non plus tout mettre sur le dos des politiques, les réseaux sociaux amplifient bcp les tensions. Vous avez vu les commentaires sous les posts ? C'est pire que la rue.

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