Un classement qui fait polémique
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a vivement critiqué la décision du ministère de l'Intérieur de classer La France insoumise (LFI) à l'« extrême gauche » dans le cadre des élections municipales. Une décision qu'il juge « pas juste », tant sur le plan politique que juridique, lors d'une intervention sur France 3 dimanche 8 février.
Un débat politique et juridique
La circulaire du ministère de l'Intérieur, publiée cette semaine, place LFI aux côtés de Lutte ouvrière et du Nouveau Parti anticapitaliste. Une classification que le Conseil d'État avait pourtant déjà rejetée en 2024, selon Olivier Faure.
« Je ne trouve pas ça juste. Le Conseil d'État a déjà tranché cette question. LFI est un parti de la gauche radicale, qui s'inscrit dans un parcours électoral et démocratique. On ne peut pas les classer à l'extrême gauche. »
LFI dénonce un « délit d'opposition »
De son côté, le député insoumis Éric Coquerel a dénoncé une manœuvre politique. « C'est carrément un délit d'opposition qui est créé », a-t-il affirmé dans l'émission « Questions politiques ». Il rappelle que la classification des partis devrait reposer sur leur histoire, leur programme et leur méthode d'action.
« Théoriquement, quand vous classez des mouvements comme ça, c'est pour éclairer le débat politique. Nous, c'est par les urnes. »
Un recours envisagé
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a indiqué qu'un recours devant le Conseil d'État était étudié. Une décision cruciale pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui rejette régulièrement le qualificatif d'« extrême gauche », y voyant une tentative de l'assimiler au Rassemblement national (RN).
Le RN et le gouvernement s'affrontent
Le RN, qui rejette lui aussi le terme d'« extrême droite », a défendu la classification de LFI. Sébastien Chenu, vice-président du parti, a affirmé que LFI « répond aux critères de ce qu'est l'extrême gauche : un parti violent, un parti anticapitaliste ».
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a assumé sa décision, soulignant « un refus de la discussion parlementaire » et des « appels systématiques à la censure » de la part de LFI.
Une stratégie politique dénoncée
Olivier Faure a accusé le gouvernement de vouloir « dédiaboliser l'extrême droite » pour mieux marginaliser la gauche radicale. « Certains cherchent à réintégrer dans l'arc républicain l'extrême droite pour mieux en exclure la gauche radicale », a-t-il déclaré.