Un bras de fer inédit entre Washington et l'Europe
La tension monte autour du Groenland, où les ambitions territoriales de Donald Trump provoquent une crise diplomatique sans précédent. Alors que le président américain réaffirme sa volonté de s'emparer du territoire danois, l'Europe, sous l'impulsion du président français Emmanuel Macron, tente de réagir. Une réunion d'urgence à la Maison-Blanche, mercredi 14 janvier, s'est soldée par un échec, confirmant l'intransigeance de l'administration Trump.
L'OTAN face à un cas inédit
Pour la première fois, l'Alliance atlantique est confrontée à un scénario où un membre (les États-Unis) menace directement un autre membre (le Danemark). L'article 5 du traité de l'OTAN, conçu pour protéger les membres contre des agressions extérieures, pourrait ne pas s'appliquer dans ce cas. « C'est une situation inédite, car l'OTAN n'a jamais eu à gérer un conflit interne entre ses membres », souligne un expert.
Face à cette menace, l'Union européenne envisage d'activer l'article 42.7 de ses traités, qui prévoit une assistance mutuelle. Cependant, le Groenland n'étant pas membre de l'UE, cette option reste juridiquement fragile. Le gouvernement danois, soutenu par Paris, tente de mobiliser ses alliés, mais la réponse européenne reste timide.
La France et l'Europe en première ligne
La France a déployé une quinzaine de soldats spécialisés en haute montagne à Nuuk, capitale du Groenland, en signe de solidarité. Une initiative saluée par les observateurs, mais jugée insuffisante par certains. « Donald Trump ne recule pas, il compte sur la division européenne », estime un diplomate français sous couvert d'anonymat. L'Allemagne et la Suède ont également envoyé des contingents, mais l'absence de réaction plus ferme de l'OTAN inquiète.
Du côté de Washington, l'administration Trump justifie sa position par une prétendue menace russe et chinoise. Pourtant, ni Moscou ni Pékin n'ont réagi publiquement à cette crise, ce qui affaiblit l'argument américain. « C'est une diversion », affirme un analyste, « Trump cherche à imposer sa loi par la force, comme il l'a toujours fait ».
Un risque d'escalade
Les experts craignent une escalade militaire, alors que les pays européens hésitent à s'engager davantage. « L'OTAN est paralysée par la peur de l'affrontement direct avec les États-Unis », déplore un responsable européen. La dépendance stratégique de l'Europe vis-à-vis des États-Unis, notamment dans le domaine militaire, limite les options.
Dans ce contexte, le gouvernement français, mené par le Premier ministre Sébastien Lecornu, appelle à une réponse coordonnée. « L'Europe doit montrer qu'elle n'est pas un simple spectateur », a déclaré une source proche du gouvernement. Mais avec des divisions persistantes entre membres de l'UE, la tâche s'annonce ardue.
Les enjeux géopolitiques
Le Groenland, riche en ressources naturelles et stratégique pour la sécurité arctique, est au cœur des ambitions de Trump. Sa prise de contrôle signifierait un bouleversement des équilibres géopolitiques, au détriment de l'Europe. « C'est un test pour l'OTAN et l'UE », résume un expert, « si elles échouent à protéger un allié, leur crédibilité sera définitivement entamée ».
Alors que la crise s'aggrave, les regards se tournent vers Bruxelles et Paris, attendus au tournant. La question est désormais de savoir si l'Europe saura se dresser face à l'impérialisme américain, ou si elle cédera une fois de plus.