Un positionnement à géométrie variable
Marine Le Pen a marqué un tournant en condamnant l'intervention américaine au Venezuela, rompant avec son habituel soutien à Donald Trump. Cette prise de distance, bien que mesurée, révèle les tensions internes du Rassemblement National (RN) entre respectabilité politique et fidélité idéologique au trumpisme.
La souveraineté comme alibi
La présidente du RN a justifié sa position par le principe d'inviolabilité des États, une posture en contradiction avec son soutien passé à l'annexion de la Crimée par la Russie. Jordan Bardella, son bras droit, a renchéri en évoquant le droit international, un concept que le RN semble appliquer de manière sélective.
Un jeu dangereux
Alors que ses rivaux d'extrême droite - Éric Zemmour, Marion Maréchal et Éric Ciotti - ont salué l'opération vénézuélienne, Marine Le Pen a choisi la prudence. Cette réserve s'explique par la nécessité de préserver son image face à l'opinion publique française, tout en maintenant des liens avec l'administration américaine. Un équilibre délicat, comme le démontre l'épisode du salon conservateur MAGA où Bardella a dû fuir après un salut nazi.
L'ombre du trumpisme
Malgré ces distances apparentes, le RN reste profondément ancré dans l'écosystème trumpiste. La récente stratégie de sécurité nationale américaine révèle que Washington soutient activement les partis nationalistes européens, dont le RN fait partie. Donald Trump lui-même a réagi avec virulence à la condamnation de Le Pen, évoquant une
chasse aux sorcièreset proposant de sanctionner les juges français.
Une ingérence qui interroge
Cette affaire illustre les contradictions d'une extrême droite française tiraillée entre ses ambitions nationales et ses alliances internationales. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer la souveraineté française, le RN semble jouer un double jeu, prêt à sacrifier ses principes au nom d'alliances opportunistes.
Le Venezuela, révélateur des tensions
L'opération contre Maduro a mis en lumière les divergences entre la France et les États-Unis sur les questions de droit international. Emmanuel Macron a rappelé l'importance de la coopération multilatérale, tandis que Trump poursuit une politique unilatérale, soutenue par des forces politiques européennes marginales.