Guedj, le socialiste rebelle, défie Mélenchon pour 2027 : une candidature qui secoue la gauche

Par Anadiplose 05/02/2026 à 17:06
Guedj, le socialiste rebelle, défie Mélenchon pour 2027 : une candidature qui secoue la gauche

Jérôme Guedj, député socialiste, défie Mélenchon en se lançant dans la course à l'Élysée 2027. Une candidature qui secoue la gauche et relance le débat sur la stratégie présidentielle.

Un candidat inattendu dans la course à l'Élysée

Alors que la France se prépare aux élections municipales, un nom surgit dans la course à la présidentielle de 2027 : celui de Jérôme Guedj, député socialiste de l'Essonne. Sa candidature, annoncée jeudi 5 février, marque une rupture nette avec la stratégie traditionnelle du Parti socialiste (PS) et une opposition frontale à Jean-Luc Mélenchon.

Un profil atypique dans le paysage politique

À 54 ans, Jérôme Guedj incarne une aile sociale-démocrate du PS, en rupture avec les positions radicales de La France insoumise. Son parcours politique, marqué par une évolution vers le centre-gauche, en fait un candidat singulier. « Je suis candidat pour porter une gauche républicaine, européenne, universaliste, laïque, sociale et écologiste », a-t-il déclaré sur France Inter, dressant ainsi un portrait en creux de ce qui le distingue radicalement de Mélenchon.

Des ruptures politiques marquantes

Ancien assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon, Guedj a rompu avec lui à plusieurs reprises. La première fois en 2009, lorsqu'il reste au PS tandis que Mélenchon fonde le Parti de gauche. La seconde rupture intervient après l'attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas, où ses désaccords avec son ancien mentor, notamment sur la question israélo-palestinienne, deviennent irréconciliables.

En 2024, il refuse de participer aux législatives sous l'étiquette du Nouveau Front populaire, jugeant que « la conflictualité et la brutalisation du débat politique sont la marque de fabrique de Mélenchon ». Pour lui, ces méthodes « tirent vers le bas le rassemblement de la gauche et des écologistes ».

Une candidature solitaire face aux divisions du PS

Guedj se présente sans passer par la primaire de la gauche, qu'il juge contre-productive. Il critique notamment les participants comme Marine Tondelier ou Clémentine Autain, qu'il accuse de vouloir « discuter avec La France insoumise là où une rupture s'est opérée ».

Au sein du PS, il est un opposant déclaré à Olivier Faure, le premier secrétaire du parti. Sa candidature est perçue comme une tentative de « montrer qu'il existe une alternative à la primaire », selon un responsable socialiste. Cependant, son isolement politique et son manque de moyens pourraient limiter son impact.

Un espace politique déjà saturé

La social-démocratie est un champ de bataille où se côtoient déjà des figures comme Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve, François Hollande ou Carole Delga. Guedj tente de se démarquer en prônant un rassemblement autour d'une « gauche républicaine, européenne et universaliste », une position partagée par Nicolas Mayer-Rossignol.

« Nous nous rejoignons avec Jérôme sur un point essentiel : seule la gauche républicaine peut porter une alternative crédible face à la victoire annoncée de l'extrême droite », a déclaré Mayer-Rossignol.

Une stratégie risquée dans un contexte de crise

Alors que la France traverse une crise de la démocratie locale et une crise des vocations politiques, la candidature de Guedj pourrait être perçue comme un symbole de la fragmentation de la gauche. « Plus il y aura de candidatures à gauche, plus cela rendra manifeste qu'une primaire est incontournable », ironise Marine Tondelier.

Dans un paysage politique marqué par la montée de l'extrême droite et les divisions à gauche, la candidature de Guedj pourrait-elle être le catalyseur d'un nouveau rassemblement ? Ou ne restera-t-elle qu'une aventure solitaire dans un parti en quête de renouveau ?

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (6)

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Léo-79

il y a 2 semaines

Et si Guedj gagnait ? On ferait quoi ? On voterait pour lui ou on irait voter blanc par principe ?

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T

Trégastel

il y a 2 semaines

@leo-79 Si Guedj gagnait, ça voudrait dire que la gauche a enfin trouvé un candidat qui parle aux gens. Mais bon, on en est loin...

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F

Fragment

il y a 2 semaines

C'est marrant de voir que la gauche se déchire encore sur des questions de stratégie. En Allemagne, les Verts et le SPD ont réussi à s'allier pour former un gouvernement stable. Nous, on est toujours en train de se tirer dans les pattes. Franchement, ça fatigue.

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Épistémè

il y a 2 semaines

Mélenchon va péter un câble. Guedj vient de lui voler la vedette.

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D

dissident-courtois

il y a 2 semaines

@episteme Ah ouais ? Tu crois vraiment que Mélenchon va s'énerver ? Il a l'habitude des petites candidatures qui font du bruit pour rien.

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Thomas65

il y a 2 semaines

Guedj qui se lance... Franchement, la gauche a besoin d'un rebelle ou d'un candidat crédible ? Parce que là, on est en mode 'on tente le coup en espérant que ça passe'. Bref, bon courage.

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