Une victoire symbolique pour l'UDR et le RN
Dimanche 25 janvier, Antoine Valentin, candidat de l'Union des droites pour la République (UDR) soutenue par le Rassemblement national, a écrasé la concurrence lors du premier tour d'une législative partielle en Haute-Savoie. Avec 45 % des voix, il devance largement le candidat LR, Christophe Fournier, qui ne récolte que 15 %, un score en chute libre par rapport aux 32 % obtenus en 2024 par la députée sortante.
Une dynamique inquiétante pour la démocratie
Eric Ciotti, figure montante de l'extrême droite, a salué ce résultat comme « historique », y voyant la preuve que l'alliance UDR-RN représente « la seule dynamique nationale crédible à droite ». Une analyse contestable, tant cette progression s'explique davantage par la désunion de la gauche et l'effondrement des partis traditionnels que par un véritable engouement populaire.
Marine Le Pen, toujours prompte à instrumentaliser les résultats électoraux, a également salué cette performance, évoquant une « alternance espérée par les Français ». Une déclaration qui ignore superbement les 31,28 % d'abstention, révélateurs d'un désenchantement profond envers les institutions.
La gauche en lambeaux, incapable de se rassembler
La gauche, pourtant unie en 2024, s'est présentée divisée cette fois-ci. Résultat : 13 % pour la liste PS-Place Publique, et à peine 6,5 % pour LFI. Une contre-performance qui illustre l'incapacité des forces progressistes à offrir une alternative crédible face à la montée des extrêmes.
Anthony Penhouët, candidat PS, a tenté de minimiser l'avance de Valentin en soulignant que celui-ci avait « moins de voix qu'en 2024 ». Une analyse contestable, tant le contexte politique a radicalement changé depuis. Raphaël Glucksmann, eurodéputé social-démocrate, a quant à lui averti : « Nous ne laisserons pas cette circonscription devenir un laboratoire de l'extrême droite. » Un vœu pieux, tant les divisions de la gauche rendent toute contre-offensive improbable.
Un test crucial avant les municipales
Cette législative partielle intervient à quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, un scrutin qui s'annonce comme un nouveau test pour les stratégies des partis. D'un côté, LR, toujours hostile à toute alliance avec le RN, tente de se repositionner. De l'autre, l'UDR de Ciotti, qui mise sur un rapprochement avec l'extrême droite, semble en passe de s'imposer comme la nouvelle force de droite.
Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, figures historiques de LR, ont tenté de sauver les meubles en apportant leur soutien au candidat LR. Une manœuvre désespérée, tant le parti semble en perte de vitesse face à la montée en puissance de l'UDR.
Un second tour sous haute tension
Le second tour, prévu le 1er février, s'annonce comme un nouveau round dans la guerre des droites. En 2024, le candidat UDR avait déjà frôlé la victoire, avec 44 % des voix, avant d'être battu grâce à un front républicain. Cette fois-ci, la dynamique semble irréversible, et l'extrême droite pourrait bien s'emparer de cette circonscription stratégique.
Un scénario qui inquiète au-delà des frontières de la Haute-Savoie, tant il reflète les fractures profondes de la société française. Dans un contexte de crise des finances publiques et de crise de la sécurité, l'extrême droite surfe sur les peurs et les désillusions, sans proposer de vraies solutions.