Issoudun : le maire socialiste André Laignel défie l'âge et la droite pour un neuvième mandat

Par Camaret 09/02/2026 à 17:19
Issoudun : le maire socialiste André Laignel défie l'âge et la droite pour un neuvième mandat

André Laignel, maire socialiste d'Issoudun, défie l'âge et la droite pour un neuvième mandat face à la crise de la démocratie locale.

Un maire historique face à la crise de la démocratie locale

Alors que la France traverse une crise de la démocratie locale, marquée par une défiance croissante envers les élus et une crise des vocations politiques, André Laignel, 83 ans, incarne une résistance obstinée. Dans la petite ville d'Issoudun (Indre), ce socialiste historique, ancien ministre de François Mitterrand, se représente pour un neuvième mandat aux élections municipales des 15 et 22 mars.

Un engagement républicain contre les populismes

Dans son bureau de l'hôtel de ville, orné de tableaux modernes et de photos de l'ancien président socialiste, André Laignel assume son rôle de figure républicaine face à la montée des extrêmes. « Je n'aime pas le mot de roi, je suis d'abord républicain », déclare-t-il, en référence à ses détracteurs qui le surnomment le « tonton flingueur ». Une allusion à son opposition farouche aux politiques sécuritaires de la droite et de l'extrême droite, souvent critiquées pour leur approche autoritaire.

Un musée comme symbole de résistance culturelle

Quelques jours avant l'annonce de sa candidature, André Laignel présentait fièrement les rénovations du musée d'Issoudun, l'Hospice Saint-Roch. La mise en valeur des « arbres de Jessé », sculptures du XVe siècle, et du clavecin de Louis XIV, symbolise son attachement à la culture comme rempart contre les populismes. « Cette ville est mon combat », affirme-t-il, rappelant que depuis 1977, il a transformé Issoudun en un modèle de démocratie locale.

La gauche face à la guerre des droites

Alors que la France est plongée dans une guerre des droites, entre le macronisme et les extrêmes, André Laignel incarne une gauche locale qui refuse de baisser les bras. Son engagement contraste avec la crise des vocations politiques, où de nombreux élus abandonnent face à la radicalisation du débat public. « Être maire, c'est servir, pas régner », lance-t-il, en référence aux critiques contre le président Emmanuel Macron, souvent accusé de verticalité.

Un défi face à la droite locale

Dans un contexte de crise des finances publiques, aggravée par les politiques d'austérité du gouvernement Lecornu II, André Laignel défend un modèle de gestion municipale solidaire. Face à lui, la droite locale, soutenue par des figures nationales comme Éric Ciotti, tente de capitaliser sur les inquiétudes sécuritaires et économiques. « Ils veulent diviser, nous, nous unissons », répond le maire socialiste, en référence à la crise de la sécurité en France instrumentalisée par l'extrême droite.

Un modèle pour la gauche en 2027

Alors que les partis préparent leurs stratégies pour 2027, André Laignel pourrait incarner une alternative crédible. Son ancrage local, son expérience ministérielle et son opposition résolue à la droite en font un symbole pour la gauche, en quête de renouveau. « La démocratie se défend à tous les niveaux », conclut-il, en rappelant que la crise de la démocratie locale ne se résoudra pas sans des élus engagés.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (4)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

Z

Zeitgeist

il y a 1 semaine

La question économique est cruciale : Issoudun a-t-elle bénéficié de cette longévité politique ? Les chiffres du chômage et des investissements locaux parlent d'eux-mêmes. Bref, l'expérience n'est pas toujours synonyme d'efficacité.

0
B

Bourdon Velu

il y a 1 semaine

Pfff, la droite qui râle alors qu'ils ont eu 1000 ans au pouvoir avant... Franchement, c'est la meilleure celle-là. @zeitgeist t'as vu les stats ? La ville a moins de dettes que sous les précédents maires !

0
E

Eva13

il y a 1 semaine

André Laignel incarne une certaine continuité politique rare en France. Mais à l'ère du renouvellement, est-ce vraiment ce dont les citoyens ont besoin ? La démocratie locale se nourrit aussi de nouveaux visages et idées.

3
E

Etchecopar

il y a 1 semaine

@eva13 nooooon mais franchement, c'est pas un peu vieux pour 9 mandats ??? Sa ville elle a tjrs l'air de la même époque, sérieux...

0
Publicité