La France chute dans le classement mondial de la corruption
Transparency International alerte sur une situation « assez inquiétante » en France, avec un recul significatif dans la lutte contre la corruption. Selon l'ONG, le pays atteint sa plus mauvaise place jamais enregistrée, avec un indice de perception de la corruption (IPC) de 66/100, loin derrière les pays nordiques et Singapour.
Un recul qui s'inscrit dans la durée
Pour Florent Clouet, délégué général de Transparency International France, ce résultat reflète une dégradation continue depuis quatre ans. « La France descend en dessous du score moyen des démocraties considérées comme complètes », souligne-t-il. L'ONG pointe notamment l'affaiblissement des contrôles indépendants et le manque de législations efficaces.
La promesse d'une « République exemplaire » oubliée
À quelques mois du dixième anniversaire de la loi Sapin II, censée renforcer la transparence, l'ONG dénonce un manque de volonté politique. « Le gouvernement a tourné le dos au paradigme de la République exemplaire, une promesse d'Emmanuel Macron en 2017 qui n'a pas été tenue », regrette Florent Clouet. La présence de ministres mis en cause judiciairement en poste est perçue comme symptomatique.
Des institutions sous-dotées et une politique publique abandonnée
Transparency International critique également le manque de moyens alloués aux institutions clés, comme le Parquet national financier (PNF) ou l'Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF). « On n'entend aucun ministre parler de ces questions », déplore l'ONG, soulignant un désengagement de l'exécutif.
Un contexte politique favorable à la corruption ?
Cette dégradation intervient dans un climat de crise démocratique, marqué par une baisse de confiance des Français envers les institutions. Alors que la guerre des droites s'intensifie, la lutte contre la corruption semble reléguée au second plan par le gouvernement Lecornu II.
L'Union européenne en première ligne
Face à cette situation, l'UE pourrait jouer un rôle clé en renforçant les mécanismes de transparence. Des pays comme la Norvège ou le Canada, mieux classés, montrent qu'une volonté politique forte peut inverser la tendance.