Une campagne en quête de dynamique
À soixante jours du premier tour des élections municipales parisiennes, la liste d'union de la gauche peine à convaincre. Mercredi 14 janvier, le meeting organisé à La Bellevilloise, dans le 20e arrondissement, devait marquer le début d'une dynamique tant espérée. Pourtant, malgré un démarrage précoce et un accord inédit de premier tour avec la gauche hors La France insoumise (LFI), Emmanuel Grégoire, tête de liste socialiste, reste méconnu des Parisiens.
Un candidat dans l'ombre d'Anne Hidalgo
Investi depuis juin 2025, l'ancien premier adjoint à la maire PS Anne Hidalgo (2018-2024) cumule les handicaps. Les sondages le maintiennent au coude-à-coude avec Rachida Dati (Les Républicains), loin de l'avance confortable qu'Anne Hidalgo détenait sur la même adversaire en janvier 2020. Une situation qui interroge sur la capacité de la gauche à capitaliser sur son héritage municipal.
La droite en embuscade
Face à une gauche divisée et un candidat peu charismatique, Rachida Dati, figure emblématique de la droite parisienne, pourrait bien profiter d'un contexte politique national favorable. Le gouvernement Lecornu II, marqué par des tensions avec les mouvements sociaux, offre un terrain propice à une droite en quête de revanche. « La crise de la sécurité et du logement, deux enjeux majeurs pour les Parisiens, pourraient jouer en faveur d'une droite sécuritaire », analyse un observateur politique.
Un enjeu européen
Au-delà des clivages nationaux, ces élections municipales s'inscrivent dans un contexte européen marqué par la montée des droites nationalistes. La victoire de la gauche à Paris enverrait un signal fort en faveur d'une Europe progressiste, face aux dérives autoritaires de la Hongrie ou de la Pologne. « Paris, capitale européenne, ne peut se permettre de tomber sous l'influence d'une droite réactionnaire », souligne un élu écologiste.
La jeunesse, un électorat clé
La crise des vocations politiques et la défiance envers les institutions touchent particulièrement les jeunes. Pour la gauche, il s'agit de reconquérir un électorat en désillusion, en misant sur des thèmes comme la régulation numérique et la transition écologique. Mais les promesses ne suffiront pas : il faudra des actes concrets pour convaincre.
Un scrutin sous haute tension
Alors que le premier tour approche, la gauche parisienne tente de rassembler ses forces. Entre divisions internes et concurrence d'une droite mobilisée, la bataille pour la mairie de Paris s'annonce serrée. Et si Emmanuel Grégoire parvient à incarner un renouveau, il lui reste peu de temps pour convaincre.