Issy-les-Moulineaux : André Santini, un maire fantôme en campagne pour un neuvième mandat

Par Renaissance 07/02/2026 à 08:21
Issy-les-Moulineaux : André Santini, un maire fantôme en campagne pour un neuvième mandat

André Santini, maire d'Issy-les-Moulineaux depuis 1980, brigue un neuvième mandat après une longue hospitalisation. Une campagne opaque qui soulève des questions sur la démocratie locale.

Un retour en force sous le signe de l'opacité

À Issy-les-Moulineaux, la campagne municipale prend une tournure pour le moins singulière. André Santini, 85 ans, absent depuis plus de trois mois après une chute, a officialisé sa candidature pour un neuvième mandat consécutif. Une décision qui soulève des questions sur la transparence et la démocratie locale.

Un maire invisible mais toujours présent

Le 5 février, la salle des conseils municipaux était comble, mais le maire n'y était pas. Hospitalisé depuis le 11 octobre, André Santini n'a plus fait d'apparition publique depuis l'automne. Pourtant, il a annoncé sa candidature dans un entretien au Parisien, affirmant être « intellectuellement en forme ». Une déclaration qui contraste avec son absence prolongée et le manque d'informations sur son état de santé.

Une opposition mobilisée contre un « hologramme »

Les candidats de gauche et de droite ne cachent pas leur scepticisme. Martine Vessière, candidate dissidente, parle d'un « adversaire qui n'est pour l'instant qu'un hologramme ». Mathieu Morel, tête de liste de la gauche unie, dénonce « un manque de transparence » et s'interroge sur la confiance que l'on peut accorder à un maire qui n'a pas communiqué pendant quatre mois.

Un bilan contesté et des affaires judiciaires

Si André Santini peut s'appuyer sur des scores électoraux impressionnants (60,26 % en 2020), son mandat est entaché par des affaires judiciaires. Deux anciens collaborateurs l'ont accusé d'« agression sexuelle » et de « harcèlement moral » en 2022. Bien que l'enquête soit toujours en cours, ces accusations pèsent sur sa campagne. De plus, il a été condamné à trois reprises pour injures publiques, dont une récente affaire d'« outrage sexiste » en 2023.

Une campagne minimaliste et une succession bloquée

Alors que ses adversaires multiplient les réunions publiques, André Santini mise sur sa notoriété et une campagne discrète. Ses partisans assurent qu'il reste « très mobilisé » depuis son lit d'hôpital, mais la question d'un successeur se pose. « Toutes les personnes qui auraient pu prendre sa succession, il les a scalpées », résume l'opposition. Une stratégie qui pourrait se retourner contre lui, alors que la gauche espère profiter d'un renouvellement politique.

Un enjeu démocratique au-delà des frontières d'Issy

Cette élection municipale illustre les tensions croissantes autour de la démocratie locale. Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les élus, le cas d'Issy-les-Moulineaux interroge sur la légitimité des mandats prolongés. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de réformer les institutions, cette affaire rappelle l'importance d'une transparence renforcée dans la gestion des affaires publiques.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (9)

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Lacannerie

il y a 1 semaine

J'ai connu Issy avant Santini. Franchement, la ville a changé. Mais est-ce une raison pour le laisser faire encore 6 ans ? Bof.

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G

GameChanger

il y a 1 semaine

@lacannerie La question n'est pas de savoir si Issy a changé, mais si les Isséens ont encore leur mot à dire. Et là, c'est pas gagné.

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Claude54

il y a 1 semaine

Un maire fantôme, une campagne fantôme. Bref, la démocratie à la française.

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Douarnenez

il y a 1 semaine

En Allemagne, la limite à 3 mandats est la norme. Pourquoi la France tolère-t-elle ces dynasties politiques ? La question se pose à Issy comme ailleurs.

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Prophète lucide

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? 40 ans à la tête d'une ville ??? Sa famille doit avoir des parts dans la mairie ou quoi ??? LOL

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L

LogicLover

il y a 1 semaine

Aux États-Unis, un maire qui reste 40 ans au pouvoir serait une anomalie. En France, c'est presque une tradition. Pourquoi cette différence ?

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Hermès

il y a 1 semaine

Santini incarne la permanence du pouvoir local. Mais à quel prix pour la transparence ? Les élections municipales devraient être un renouvellement, pas une routine.

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ghi

il y a 1 semaine

@hermes Exactement. Sa stratégie de communication repose sur l'invisibilité. Pas de meetings, pas de débats... juste des affiches. Le peuple d'Issy mérite mieux.

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V

veronique-de-saint-etienne

il y a 1 semaine

Un maire fantôme, une démocratie en berne. Issy-les-Moulineaux mérite mieux.

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