Un maire octogénaire défie les limites de la démocratie locale
André Santini, maire d'Issy-les-Moulineaux depuis des décennies, a annoncé sa candidature aux municipales de mars 2026, malgré son hospitalisation prolongée et un état de santé préoccupant. À 85 ans, le maire UDI, visiblement amaigri et en fauteuil roulant, apparaît dans une photo officielle aux côtés de Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, symbole d'une alliance politique qui semble plus symbolique que réelle.
Une candidature controversée
L'annonce de sa candidature, faite au Parisien, intervient après une autorisation médicale de sortie de l'hôpital Corentin-Celton. "J'irai au bout du mandat, si Dieu le veut", a-t-il déclaré, une phrase qui résonne comme un défi à la logique démocratique. Son absence au premier conseil municipal de l'année, remplacé par son adjoint Thierry Lefèvre, a soulevé des questions sur la transparence de la gestion municipale.
Un conseil municipal sous tension
Jeudi 5 février, lors du conseil municipal, l'absence de Santini a été notable. Un élu de l'opposition a critiqué l'attitude de la majorité :
"C'est un conseil municipal ou un meeting ? Je ne comprends pas. Ce n'est pas normal ce qui se passe."Une remarque qui illustre les tensions croissantes autour de la crise de la démocratie locale, un phénomène qui touche de nombreuses communes françaises.
Thierry Lefèvre, premier adjoint, a répondu avec une fermeté qui en dit long sur le climat politique local :
"Il n'y a rien d'anormal. On vous répond comme on l'entend."Une réponse qui pourrait être interprétée comme un mépris des procédures démocratiques, dans un contexte où la crise des vocations politiques se fait sentir.
Un symbole d'un système politique en déclin
La candidature de Santini, malgré son état de santé, pose la question de la durabilité des mandats et de la renouvellement des élites politiques. Dans un pays où la crise des finances publiques et la crise de la sécurité dominent le débat, la persistance de figures politiques vieillissantes interroge sur la capacité de la France à se réinventer.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de naviguer entre réformes et tensions sociales, des voix s'élèvent pour dénoncer un système où les mêmes visages se perpétuent, au détriment d'une véritable alternance. La situation à Issy-les-Moulineaux n'est peut-être qu'un symptôme d'un mal plus profond.