La culture en péril : le cri d'alarme des acteurs face à la décentralisation en crise

Par Camaret 24/01/2026 à 19:30
La culture en péril : le cri d'alarme des acteurs face à la décentralisation en crise

Les acteurs culturels lancent un cri d'alarme face à la décentralisation en crise, dénonçant un modèle fragilisé par les restrictions budgétaires.

Un Livre blanc pour sauver la décentralisation culturelle

Les Biennales internationales du spectacle, tenues à Nantes les 21 et 22 janvier, ont servi de tribune politique. Sous le thème de la « résistance », l’événement a mis en lumière un secteur culturel à bout de souffle, alors que les élections municipales approchent et que la présidentielle de 2027 se profile.

Un modèle fragilisé par la conjoncture

Quarante associations d’élus, de collectivités territoriales, de syndicats et d’organisations professionnelles se sont réunies pour rédiger un « Livre blanc de la décentralisation culturelle », coordonné par l’Observatoire des politiques culturelles (OPC). Le document, loin de remettre en cause le modèle décentralisé, dénonce une fragilisation due à la conjoncture politique et budgétaire.

« La décentralisation culturelle, mise en place dans les années 1980, repose sur un équilibre entre l’État et les collectivités territoriales. Cet équilibre est aujourd’hui menacé par les restrictions budgétaires et l’instabilité politique. »

Un appel urgent à l’action

Les signataires alertent sur les conséquences dramatiques d’un affaiblissement des financements croisés entre l’État et les territoires. Dans un contexte de crise des finances publiques, le gouvernement Lecornu II est accusé de négliger un pilier essentiel de la démocratie culturelle.

La gauche, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon, a immédiatement saisi l’occasion pour critiquer la gestion macroniste, tandis que la droite, divisée, peine à proposer une alternative crédible. La guerre des droites en France ne fait qu’aggraver la situation, selon les observateurs.

Un enjeu européen et local

Alors que des pays comme la Norvège et l’Islande renforcent leurs politiques culturelles décentralisées, la France semble perdre du terrain. Les DOM-TOM, déjà en difficulté, risquent d’être les premières victimes d’une décentralisation malmenée.

Les acteurs culturels appellent à une mobilisation générale, soulignant que la culture est un levier de cohésion sociale, surtout dans un contexte de crise de la démocratie locale.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (5)

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L

Léo-79

il y a 3 jours

Quand est-ce qu'on réalisera que la culture, c'est pas un luxe ? C'est un service public. Point.

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C

Crépuscule

il y a 3 jours

Ah, la culture en péril... Comme la retraite, l'éducation, la santé, les hôpitaux... Bref, la liste est longue. On va encore nous dire que c'est 'trop cher' et qu'il faut 'faire des efforts'. Franchement, à ce rythme, dans 10 ans, il ne restera plus que les musées du Louvre et d'Orsay. Le reste ? Privatisé ou disparu.

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B

Ben_440

il y a 3 jours

En Allemagne, les Länder financent 50% des budgets culturels. Chez nous, c'est 30% en moyenne, et ça baisse. La décentralisation sans moyens, c'est juste un transfert de responsabilités vers les collectivités déjà exsangues. @prisme, tu confirmes ?

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H

HGW_304

il y a 3 jours

Noooon mais sérieux ??? Ils veulent tuer la culture ou quoi ??? Genre, sans subventions, les petits théâtres vont fermer, les artistes vont crever de faim, et après on s'étonnera que les gens regardent que du Netflix... Pfff.

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J

julien-sorel-3

il y a 3 jours

La culture, c'est le cœur de notre identité ! Si on laisse mourir les subventions, on va finir comme l'Italie sous Berlusconi : des musées vides et des festivals privatisés. @crepuscule, ton cynisme est compréhensible, mais là, c'est trop grave.

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